Biodiversité : Non, la loi danoise n’oblige pas les agriculteurs à planter des fleurs au profit des abeilles

FAKE OFF En revanche, la Commission européenne octroie bien une subvention aux agriculteurs qui consacrent 5 % de leurs parcelles à des zones bénéfiques pour la biodiversité

Tom Hollmann

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Une abeille en plein travail (photo d'illustration)
Une abeille en plein travail (photo d'illustration) — imageBROKER.com/G_Hanke/SIPA
  • D’après une publication très virale sur Facebook, au Danemark, « une loi oblige les propriétaires de grandes terres agricoles à cultiver 5 % de leurs terres en fleurs pour protéger les abeilles ».
  • « C’est une option, mais pas une exigence », a indiqué le ministère danois de l’Environnement et de l’Alimentation à 20 Minutes.
  • Les agriculteurs européens peuvent en effet recevoir une subvention appelée « paiement direct vert » lorsqu’ils « adoptent ou maintiennent des pratiques agricoles qui contribuent à atteindre les objectifs environnementaux et climatiques » de l’UE.

Ce n’est pas le plus déplaisant des clichés. Les pays scandinaves ont la réputation d’être plus vertueux que notre France. Plus propres, moins dangereux, avec une meilleure éducation et, surtout, plus écologiques. D’après une publication partagée plus de 220.000 fois au cours de la semaine dernière sur Facebook, c’est également de l’agriculture du  Danemark et de sa  législation que nous devrions nous inspirer.

D'après cette publication virale sur Facebook, une loi danoise obligerait les agriculteurs à cultiver 5% de leur terrain en fleurs pour la biodiversité -- Capture d'écran
D'après cette publication virale sur Facebook, une loi danoise obligerait les agriculteurs à cultiver 5% de leur terrain en fleurs pour la biodiversité -- Capture d'écran - T.H.

« Au Danemark, une loi oblige les propriétaires de grandes terres agricoles à cultiver 5 % de leurs terres en fleurs pour protéger les abeilles », affirme l’auteur de cette publication virale. Accompagné d’une photo d’un parterre de fleurs en bordure de champ, ce post a été reproduit et republié à l’identique par plusieurs autres comptes sur Facebook et Twitter. En commentaire, les utilisateurs saluent à chaque fois une « belle initiative écologique » et une « superbe idée ».

Pourtant, aucune législation danoise n’oblige les agriculteurs du royaume à de telles pratiques.

FAKE OFF

Pour les agriculteurs danois, cultiver des fleurs sur 5 % de leurs terres constitue « une option et pas une exigence légale », indique le ministère de l’Environnement et de l’Alimentation à 20 Minutes. En effet, les cultivateurs de l’Union européenne – et pas seulement du Danemark – peuvent recevoir un « paiement direct vert », aussi appelé « verdissement », lorsqu’ils « adoptent ou maintiennent des pratiques agricoles qui contribuent à atteindre les objectifs environnementaux et climatiques » de l’UE, conformément à une  politique de la Commission européenne. 

Afin de recevoir cette subvention, les agriculteurs doivent respecter trois pratiques écologiques obligatoires : diversifier leurs cultures afin de renforcer les sols, maintenir des prairies permanentes afin de soutenir la séquestration du carbone et protéger la biodiversité, et, enfin, consacrer 5 % de leurs terres cultivables à des zones bénéfiques pour la biodiversité si leurs terres font plus de 15 hectares. Ce peut être aussi bien des terres en jachères que des haies, des arbres, ou des parterres de fleurs, comme évoqué dans la publication virale.

Au Danemark, la superficie de terres en jachères sur lesquelles ont été aménagés des mélanges de fleurs reste « relativement faible » au sein du nombre total de zones déclarées comme étant d’intérêt écologique, précise le service de presse du ministère danois de l’Environnement et de l’Alimentation. Pour y remédier, l’agence agricole du royaume tente toutefois « d’informer et inspirer les agriculteurs danois sur la possibilité d’options plus respectueuses des pollinisateurs. »