Bretagne : Une association bretonne exige la publication du rapport sur les algues vertes avant les élections

ECOLOGIE Un courrier a été adressé à la cour des comptes, dont les travaux doivent être rendus en juin

Camille Allain

— 

Des algues vertes sur la plage du Valais, à Saint-Brieuc, le 17 juillet 2019.
Des algues vertes sur la plage du Valais, à Saint-Brieuc, le 17 juillet 2019. — M. Pavard / 20 Minutes

Les élections régionales devraient bien avoir lieu les 20 et 27 juin. Après plusieurs jours de consultation, le gouvernement a opté pour un maintien du scrutin avant l’été. En Bretagne comme ailleurs, les listes tentent d’exister alors que l’épidémie de Covid-19 chamboule la campagne. Dans la région, il est un sujet qui revient souvent sur la table. Celui du modèle agricole intensif et par rebond, des algues vertes.

Dans la région, bon nombre d’associations comptent sur ce scrutin pour faire la lumière sur leurs combats. Samedi, c’est par la voix de son président que l’association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre a tenu à exprimer sa colère. Dans un courrier adressé à la Cour des comptes et repéré par Le Télégramme, Yves-Marie Le Lay regrette que le rapport sur le coût des algues vertes ne soit publié que fin juin, au même moment que le scrutin régional. « Les électrices et électeurs de Bretagne ont le droit de connaître quel usage de l’argent public a été fait par des candidats qui se représentent à leurs suffrages », estime le président qui invite les magistrats à avancer leur publication. « On comprend aisément que tous les responsables de cette gabegie ne soient pas pressés que soit divulgué leur très mauvais usage de l’argent public en cette période électorale », critique l’association.

Des « mesures plus contraignantes » réclamées

La question du coût des plans successifs de lutte sera sans doute scrutée de près par les connaisseurs du dossier. D’après l’association, il serait d’environ 110 à 120 millions d’euros. Saisi par Eau et rivières de Bretagne, le tribunal administratif de Rennes doit prochainement statuer sur l’efficacité du programme. Le rapporteur public, dont l’avis est généralement suivi, avait estimé que les mesures étaient insuffisantes, demandant « des mesures plus contraignantes » pour lutter contre les nitrates d’origine agricole qui polluent les cours d’eau et génèrent des marées vertes depuis des années.

Cette politique de lutte, si elle est pilotée par l’État, pourrait porter préjudice à certains candidats aux élections, comme Thierry Burlot. Considéré comme le « monsieur algues vertes »​ du conseil régional, le vice-président délégué à la politique de l’eau se présente sous l’étiquette LREM et sera attendu sur le sujet. Tout comme le président sortant, le socialiste Loïg Chesnais-Girard. En Bretagne un peu plus qu’ailleurs, l’environnement sera au cœur du débat régional.