Côtes d’Armor : La pêche interdite après le débordement d’une station d’épuration

POLLUTION De nombreux dysfonctionnements d’équipements sont à déplorer dans la région

C.A.
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Illustration de la pêche aux coquillages dans la baie du Mont Saint-Michel.
Illustration de la pêche aux coquillages dans la baie du Mont Saint-Michel. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

La pêche de certains coquillages est interdite dans la baie de la Fresnaye, entre le cap Fréhel et Saint-Cast-le-Guildo (Côtes d’Armor). Leur consommation aussi, sous peine de contracter une sacrée diarrhée. La raison ? Les soupçons de contamination à la bactérie Escherichia coli qui aurait pu s’échapper de la station d’épuration voisine. La préfecture des Côtes d’Armor, qui a pris cet arrêté d’interdiction, précise que la station d’épuration mise en cause a débordé après les épisodes de fortes pluies survenues le week-end dernier sur le littoral du nord Bretagne. Ce qui est loin d’être une première.

Pour l’heure, cette interdiction ne concerne que les coquillages « bivalves fouisseurs » comme les coques et les palourdes. L’alerte avait été lancée en début de semaine après les fortes précipitations. Les premières analyses menées lundi ont confirmé un dépassement du seuil. La pêche professionnelle et celle de loisirs sont formellement interdites et jusqu’à nouvel ordre.

Un lourd préjudice pour les professionnels

Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement se produit sur le littoral costarmoricain. Les défaillances de stations d’épuration, associées à des fuites de canalisations, sont régulières, notamment en raison du défaut d’entretien. Ces dysfonctionnements ont même amené le préfet du département à refuser tout nouveau permis de construire dans certaines zones où les capacités de traitement des eaux usées ne sont plus suffisantes. Dix-huit des 57 communes de l’agglomération de Guingamp-Paimpol sont concernées.

Ces débordements posent également d’importants problèmes de pollution dans les cours d’eau, ce que critiquent plusieurs associations environnementales. Interrogé récemment, le président du Comité national de la conchyliculture évaluait le préjudice annuel à « des millions d’euros » sur l’ensemble du littoral français.