Au zoo de Beauval, Huan Huan, la femelle panda, bien partie pour une nouvelle grossesse ?

ANIMAUX Le zoo du Loir-et-Cher, le seul à accueillir des pandas en France, annonce ce lundi que les résultats d’analyses hormonales effectuées sur la femelle Huan Huan indiquent que la fécondation, très compliquée chez le plantigrade, semble avoir fonctionné cette fois-ci

F.P.

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Huan Huan et Yuan Meng se font des papouilles le 20 mars dernier.
Huan Huan et Yuan Meng se font des papouilles le 20 mars dernier. — Guillaume SOUVANT / AFP
  • Le 20 mars dernier, Huan Huan et Yuan Zi, le couple panda du zoo de Beauval avaient mis en contact dans l’espoir que ces accouplements aboutissent à de nouvelles naissances, si compliquées chez le plantigrade.
  • Ce lundi, le zoo de Beauval indique avoir reçu les résultats des analyses hormonales effectuées sur Huan Huan après ces accouplements. Ils doivent indiquer si la fécondation a des chances d’avoir réussi. Et la réponse est « oui ».
  • Pour autant, « ce n’est qu’une étape de franchie », insiste-t-on au zoo de Beauval en rappelant que la gestation est un parcours semé d’embûches chez les pandas.

Il y a Huan Huan, la mère, Yuan Zi, le père, et Yuan Meng, le fiston, premier panda à être né en France, le 4 aout 2017. Pour l’instant, les seuls pandas présents en France se limitent à cette famille vivant au zoo de Beauval, à Saint-Aignan dans le Loire-et-Cher. Mais celle-ci pourrait s’agrandir dans les prochains mois d’un ou deux bébés pandas.

Le 20 mars dernier en tout cas, Huan Huan, avait été « mise en contact » à huit reprises avec son comparse masculin dans l’espoir que ces accouplements aboutissent à une nouvelle naissance.

« Une autre étape de franchie » ce lundi

La partie n’est pas gagnée tant la reproduction chez les pandas est une affaire compliquée. Ne serait-ce parce que la femelle n’est féconde que 24 à 48h par an. Le 20 mars dernier et alors que Huan Huan montrait depuis plusieurs semaines les signes annonciateurs de chaleurs (marquages au sol, modifications hormonales, vocalises), tout s’était en tout cas très bien passé. Les deux pandas se sont montrés « coopératifs et plutôt actifs ». Yuan Zi a été « plus à l’aise dans les approches et accouplements que les années précédentes », et la femelle, qui est en chaleur, était « très intéressée », détaillait le zoo dans un communiqué. Et pour mettre toutes les chances de leurs côtés, une insémination artificielle avait également été réalisée dans la foulée.

Mission réussie ? Ce lundi, le zoo de Beauval indique en tout cas avoir reçu les résultats des analyses hormonales effectuées sur Huan Huan après ces accouplements. Ils doivent indiquer si la fécondation a des chances d’avoir réussi. Et la réponse est « oui », indique le parc zoologique dans un nouveau communiqué, tout en précisant que « rien est encore fait, mais que c’est une nouvelle étape de franchie ».

Attendre l’observation du ou des embryons pour être certain

Si le conditionnel reste de vigueur, c’est que la gestation des pandas est compliquée. Si la fécondation réussit bel et bien, le développement embryonnaire s’arrête au stade de l’œuf, permettant à la future mère de faire des réserves de graisse. Cela peut durer quelques semaines ou quelques mois, les femelles pandas ayant la faculté, rarissime dans le règne animal, d’arrêter le développement du fœtus. C’est la période dite de « diapause ». A priori, le développement reprend ensuite pour une véritable gestation qui dure entre 4 à 6 semaines.

Une autre particularité de cette espèce est celui du risque de fausse gestation. Si la fécondation échoue, un comportement de pseudo-gestation peut tout de même se manifester chez Huan Huan de la même façon qu’une vraie gestation. « Il faut donc être patient car la seule information qui confirme définitivement la présence d’un ou 2 bébés pandas, est l’observation du ou des embryons à l’échographie, quelques semaines avant la mise bas », rappelle le zooparc de Beauval.

Depuis 2016, les pandas géants ne sont plus « en danger » d’extinction sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Mais l’espèce reste toutefois « vulnérable ». Environ 500 pandas en captivité et 2.000 à l’état sauvage vivent en Chine.