Les gorilles peuvent évaluer la force d'un rival grâce au son qu'il émet lorsqu'il se frappe le torse

ETUDE Le son émis par les battements de poitrine d’un gorille permettrait à ses rivaux de juger de se taille sans même le voir

20 Minutes avec agences

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Un gorille des montagnes en Ouganda (illustration).
Un gorille des montagnes en Ouganda (illustration). — Zaruba Ondrej/AP/SIPA

Les gorilles des montagnes produisent un son de tambour résonnant à travers la forêt lorsqu’ils se frappent le torse. Ces battements de poitrine leur servent ainsi à transmettre à leurs congénères des informations sur leur taille, sans même se voir, selon une étude publiée jeudi dans la revue Scientific Reports.

Pratiqués surtout par les mâles gorilles dominants, ils sont aussi considérés comme un moyen d’attirer les femelles et d’intimider leurs rivaux potentiels.

Un son raisonnant jusqu’à un kilomètre

Des chercheurs ont voulu aller plus loin et savoir si les battements de tambours, qui peuvent résonner jusqu’à un kilomètre à travers l’épaisse forêt tropicale, n’étaient pas aussi un moyen pour les primates de véhiculer une information sur leur propre physique.

Pour ce faire, une équipe a observé et enregistré 25 gorilles à « dos argenté » (un signe de maturité), surveillés par la fondation Dian Fossey dans le parc national des volcans au Rwanda, entre janvier 2014 et juillet 2016. Ils ont mesuré la durée, le nombre et les fréquences de 36 battements de torse effectués par six des mâles. Ils ont pu réaliser ces travaux également à l’aide de lasers, et en prenant des photos évaluant la distance entre les omoplates des singes.

« Un signal fiable de la taille corporelle »

Les résultats de l’étude révèlent que les plus grands gorilles produisaient des battements thoraciques à des fréquences plus faibles que ceux des petits. Selon les auteurs, les mâles plus gros seraient munis de sacs aériens également plus gros situés près de leur larynx, ce qui pourrait réduire les fréquences des sons émis.

« Les battements de poitrine sont un signal fiable de la taille corporelle chez les gorilles des montagnes », résume ainsi Edward Wright, de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste, qui a dirigé l’étude. L’information permettrait à des partenaires, ou des rivaux potentiels, de juger de leur taille à distance, dans une forêt dense où il leur est souvent difficile de se voir. « En tant que gorille mâle, si vous voulez évaluer la capacité compétitive d’un mâle rival, il peut être plus sûr de le faire à distance », estime le chercheur.