Energies : L’hydrogène vert bientôt moins cher que ses concurrents fossiles ?

RENOUVELABLE L’hydrogène vert, créé par électrolyse de l’eau à l’aide d’électricité issue des énergies renouvelables, n’émet pas de CO2 mais est aujourd’hui très cher à produire

20 Minutes avec AFP

— 

Une station d'hydrogène en Loire-Atlantique. (illustration)
Une station d'hydrogène en Loire-Atlantique. (illustration) — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

L’hydrogène d’origine renouvelable va coûter de moins en moins cher et devenir compétitif face à l’hydrogène d’origine fossile. Et même, dans certains cas, face au gaz naturel, selon une étude de BloombergNEF publiée ce mercredi. L’hydrogène dit « vert » est produit par électrolyse de l’eau, en utilisant de l’électricité d’origine renouvelable (éolienne, solaire ou hydroélectrique).

Sous cette forme, ce gaz aux multiples usages reste encore très cher à produire. Mais BloombergNEF, centre de recherche dédié à la transition énergétique, a revu à la baisse ses prévisions de coûts pour l’avenir, en raison de la chute attendue des prix de l’électricité solaire. « Nous pensons maintenant que l’électricité photovoltaïque sera 40 % moins cher en 2050 que ce que nous pensions il y a tout juste deux ans », grâce à une série de progrès techniques, écrivent les experts de BNEF dans un rapport.

Cela pourrait « complètement redessiner la carte énergétique »

« Les coûts de production de l’hydrogène vert à partir d’électricité renouvelable devraient chuter jusqu’à 85 % d’ici à 2050 », concluent les auteurs, qui citent un coût inférieur à 1 dollar le kilo dans la plupart des 28 marchés étudiés. Cet hydrogène vert coûtera d’ici à 2030 moins cher que l’hydrogène « bleu » (d’origine fossile mais produit avec capture et séquestration du CO2) dans tous ces marchés. Il finira ensuite par être plus compétitif que l’hydrogène « gris », très néfaste pour le climat (d’origine fossile et sans capture du CO2), d’ici à 2050.

A cet horizon, l’hydrogène vert coûtera même moins cher que le gaz naturel dans 15 des 28 pays étudiés (représentant un tiers du PIB mondial). « Des coûts aussi bas pour l’hydrogène d’origine renouvelable peuvent complètement redessiner la carte énergétique », estime Martin Tengler, analyste chez BNEF. « A l’avenir, au moins 33 % de l’économie mondiale pourrait utiliser de l’énergie propre sans débourser un centime de plus que pour de l’énergie fossile », souligne-t-il.

L’expert prévient toutefois que ce verdissement de l’hydrogène aura besoin d’un « soutien continu des gouvernements » pour en arriver là. L’hydrogène suscite actuellement un très fort intérêt car il est propre pendant son utilisation : comme carburant dans un moteur, il n’émet que de la vapeur d’eau. Il pourrait ainsi jouer un rôle important dans la décarbonation de l’industrie ou des transports lourds, à condition qu’il soit produit sans émettre de CO2 et autres polluants. Or à ce jour, il est encore essentiellement issu d’un processus énergivore basé sur du charbon ou du gaz.