Toulouse : Avec le boom des plats à emporter, les boîtes en verre consignées remballent le jetable

CONSOM'ACTEUR A Toulouse, le concept « En boîte le plat » propose aux restaurateurs des récipients en verre consignés pour leur plat à emporter

Béatrice Colin

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A Toulouse, plus de 10.000 contenants en verre consignés de "En boîte le plat" sont en circulation pour la vente à emporter.
A Toulouse, plus de 10.000 contenants en verre consignés de "En boîte le plat" sont en circulation pour la vente à emporter. — En Boite le Plat / ETIC Emballages
  • Il y a deux ans, l’association Etic Emballages mettait en place un système expérimental de boîtes en verre consignées dans des restaurants qui font de la vente à emporter.
  • Aujourd’hui, avec la fermeture des restaurants et le boom de la vente à emporter, leur dispositif séduit de plus en plus de commerces.
  • Ce concept économique et écologique permet de réduire la masse de déchets produits chaque jour, primé au niveau national, est en train de se déployer dans d’autres villes, notamment Rennes.

En carton, plastique, bambou ou encore cellulose. Il y a trois ans, on estimait à plus de trois tonnes le poids des emballages jetables utilisés chaque jour par la restauration à Toulouse, qu’ils soient biodégradables ou pas. Avec la fermeture des restaurants à cause du coronavirus, et le boom de la vente à emporter, ce chiffre est loin de s’être amélioré au cours de la dernière année. Pour éviter de faire exploser nos poubelles, et préserver la planète, des Toulousains ont eu l’idée de déployer il y a deux ans la consigne de récipients en verre auprès des professionnels du secteur.

Baptisée «En boîte le plat», ce projet porté par Etic Emballages a d’abord fait l’objet d’une expérimentation, avant d’être mis en place auprès des commerces. Avec un concept simple : pour un abonnement allant de 20 à 40 euros par mois, le réseau fournit au minimum une centaine de boîtes en verre au restaurateur, qui lui fait payer une caution de 3 euros par récipient à son client. Ce dernier est libre de le rapporter ensuite dans son restaurant lors de son prochain achat de plat, dans un des lieux partenaires ou points de collecte qui lui restitue sa consigne.

« Aujourd’hui, nous avons une soixantaine de commerces partenaires, contre treize début 2020. Avec la crise sanitaire, beaucoup de personnes ont eu une réflexion sur l’écologie, ceux qui se sont mis à faire des plats à emporter ne voulaient pas tous utiliser du jetable et nous ont alors contactés », explique Céline Gorin, l’une des cofondatrices d’Etic Emballages, dont le concept est en train de faire des émules à Rennes et bientôt à Compiègne.

Ecologique et économique

Dès que les restaurateurs sont à cours de boîtes, ils sont réapprovisionnés à vélo cargo par le réseau, qui les accompagne aussi sur la sensibilisation aux questions de recyclage et à la valorisation de leur démarche. Un concept qui a su séduire des enseignes de street food comme des restaurants plus gastronomiques, comme Les sales gosses, dans le quartier Saint-Aubin.

« Au cours du deuxième confinement, nous avons décidé de nous lancer dans la vente à emporter, mais nous n’étions pas chauds pour la faire avec du jetable. Nous avons trouvé cette solution qui a plusieurs avantages : écologique bien sûr, mais aussi économique car si on comparait avec du jetable cela nous revient moins cher. Et puis le verre nous permet aussi de dresser nos plats car nous sommes un semi-gastronomique, ce que l’on ne pourrait pas faire avec du jetable », insiste Marie, la pâtissière.

A raison de trois boîtes par repas, soit près d’une soixantaine par service, elle a vite fait le compte de ce que leurs clients n’ont pas jeté. Et rares sont ceux à se plaindre d’avoir à payer une consigne. « J’en ai eu seulement deux depuis novembre à être réticents. Au contraire, ils sont contents de participer à cette démarche, certains m’ont dit qu’ils venaient même exprès pour ça chez nous, c’est un coup de boost pour la conscience écologique », assure Marie.

Comme elle, ils sont de plus en plus nombreux à adopter ce système, dont les créateurs espèrent convaincre d’ici l’an prochain 300 restaurateurs toulousains d’y passer. Leur concept vient d’être retenu par l’ADEME et Citeo dans le cadre de leur Appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour l’expérimentation de dispositif de réemploi d’emballages en verre. Un coup de pouce financier « pour soutenir notre modèle, dont l’objectif est de concurrencer le jetable pour que ce soit attractif », conclut Céline Gorin.