Algues vertes : Des mesures « plus contraignantes » réclamées à l’Etat

NATURE Une association bretonne conteste le programme de lutte établi par la préfecture

C.A. avec AFP

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Des randonneuses traversent l'anse de Morieux-Hillion, sur la plage de Bon-Abri : une promenade risquée en raison des possibles inhalations du H2S libéré par les algues vertes.
Des randonneuses traversent l'anse de Morieux-Hillion, sur la plage de Bon-Abri : une promenade risquée en raison des possibles inhalations du H2S libéré par les algues vertes. — M. Pavard / 20 Minutes

Pour savoir s’il a été entendu, il faudra attendre encore un mois. Ce jeudi, le rapporteur public du tribunal administratif de Rennes a pourtant lâché un sacré pavé dans la mare (verte). Saisie par l’association Eau et rivières de Bretagne, ce dernier a estimé que le programme de lutte contre les algues vertes​ prévu en Bretagne était insuffisant. Il réclame « des mesures plus contraignantes » pour lutter contre les nitrates d’origine agricole qui polluent les cours d’eau et génèrent des marées vertes depuis des années.

Le recours avait été formulé après un arrêté du préfet de région datant de l’été 2018, considéré comme un plan d’actions régional de protection des eaux. L’association espère un renforcement des obligations réglementaires notamment dans les exploitations agricoles situées dans les bassins-versants sujets aux marées vertes​.

L’Etat a « préféré détourner la tête »

Le rapporteur public, dont l’avis est habituellement suivi par le juge, a estimé jeudi que le tribunal devrait « prononcer une annulation en tant que l’arrêté attaqué n’a pas abaissé le bilan azoté global ni précisé les conditions dans lesquelles un basculement du plan algues vertes de l’incitatif au réglementaire pourrait intervenir », a indiqué l’association dans un communiqué. Elle accuse l’Etat d’avoir « préféré détourner la tête » et de n’avoir « pas pris ses responsabilités face à l’un des plus gros enjeux écologiques bretons ».

Le tribunal devrait rendre sa décision d’ici un mois. La Cour des comptes doit par ailleurs rendre au début de l’été un rapport sur l’efficacité des politiques publiques en matière de lutte contre les algues vertes.