Pyrénées : Les ours sont de plus en plus nombreux, 64 ont été détectés l'an dernier, dont 16 oursons

BIODIVERSITE Si le nombre d’attaques a augmenté comparé à 2019, l’an dernier moins de bêtes ont été tués par la patte de l’ours sur le massif des Pyrénées

Béatrice Colin
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Un ours brun (illustration)
Un ours brun (illustration) — D. Hostad / Pixabay
  • Les services de l’Office français de la biodiversité ont détecté l’an dernier 64 ours dans les Pyrénées, dont sept qui sont morts au cours de l’année.
  • Dans son bilan dressé sur l’activité de l’ours brun dans ce massif, l’Office indique qu’il y a eu plus d’attaques d’ours l’an dernier mais elles ont fait moins de dégâts qu’en 2019.

Ils sont sortis de leur tanière et commencent à gambader sur les contreforts du massif des Pyrénées. Cette année encore, au cours du printemps, de nouveaux oursons devraient être observés, comme ce fut le cas l’an dernier. Selon le bilan de suivi de l'ours brun dans les Pyrénées, rendu public cette semaine par l’Office français de la Biodiversité, en 2020, 64 ours ont été détectés en 2020, dont 16 oursons.

Mais parmi ces plantigrades, on dénombre aussi des pertes. Ainsi, trois ours ont été tués par l’homme au cours de l’an dernier. Cachou a été empoisonné dans le Val d’Aran, Sarousse tuée par balle en Aragon lors d’une battue aux sangliers, tout comme un mâle de 4 ans en Ariège au mois de juin. Quatre des 16 oursons sont aussi considérés comme disparus par les équipes de l’OFB et quatre ours connus n’ont pas été vus depuis deux ans et sont donc eux aussi considérés comme disparus. Par contre, une femelle et un mâle qui étaient passés sous les écrans radars en 2019 ont refait surface et sont à nouveau parmi les effectifs.

Plus d’attaques, moins de victimes

« Quant à 2021, la présence de 23 femelles adultes dans la population et les différents comportements de rut observés en 2020 laissent présager un nombre de portées à venir potentiellement similaire à 2020 », indique le rapport de suivi.

Si leur nombre a augmenté, les dégâts causés par les plantigrades ont baissé. L’an dernier, 369 prédations ont été recensées par l’État, causant la mort de 636 bêtes, contre 1.200 en 2019. Ceci constitue malgré tout le plus grand nombre d’attaques constatées depuis les premiers renforcements de 1996-1997. « Le nombre de dégâts d’ours sur cheptel domestique – nombre d’animaux tués ou blessés – a par contre diminué par rapport à 2019, qui résultaient notamment de trois gros dérochements impliquant respectivement 61, 264 et 286 ovins, soit 52 % du nombre total des dommages », explique l’Office français de la biodiversité. De l’autre côté des Pyrénées, seulement 46 attaques ont été recensées.

Pour l’association de défense de l’ours ADET, cette différence tient aux moyens différents déployés par les deux pays. Si en Espagne on privilégie des troupeaux protégés avec berger et le regroupement nocturne des bêtes sous protection des chiens, « côté français, les "expérimentations" d’effarouchements, coûteux et dangereux, ne résolvent donc pas le problème des éleveurs », déplore l’association, qui demande que les services de l’État français se recentrent sur des solutions constructives et pérennes.