Barrage de Sivens : De nouvelles études lancées pour un projet sans horizon fixe

Retenez-moi ! En annonçant de nouvelles études, ou encore la nomination d’un médiateur, l’Etat a décidé de ne pas mettre le feu à la vallée du Tescou et repousse à plus tard une solution pour satisfaire les besoins en eau de ce territoire

Eric Dourel

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Lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens, dans le Tarn.
Lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens, dans le Tarn. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • La secrétaire chargée de la Biodiversité, Bérengère Abba, a annoncé ce lundi qu’elle relançait des études pour la création d’une retenue d’eau pour alimenter en eau la vallée du Tescou, dans le Tarn.
  • Elle a aussi indiqué qu’un médiateur serait nommé pour renouer le dialogue entre le monde agricole et les associations environnementalistes, plus de six ans après l’abandon du premier projet à la suite de la mort de Rémi Fraisse.
  • Se défendant d’arriver avec un projet « clé en mains », elle demande donc aux acteurs d’affiner leurs projets.

Ceux qui pensaient que Bérangère Abba, la secrétaire chargée de la Biodiversité, allait annoncer ce lundi la solution retenue pour satisfaire les besoins en eau de la vallée du Tescou, et enfin solder le dossier du barrage de Sivens, ont mangé leur chapeau.

Après quatre ans de concertation, 200 réunions et 900.000 euros d’études plus tard, ce projet d’irrigation particulièrement emblématique est toujours aussi sensible. La première tentative de création d’un barrage a débouché voilà sept ans sur la mort du militant écologiste Rémi Fraisse et l’abandon du projet initial.

Il est urgent d’attendre

La secrétaire d’Etat a promis « la nomination prochaine d’un médiateur » pour renouer le dialogue entre le monde agricole et les associations environnementales, qui ont du mal à s’accorder au sein de l’instance de coconstruction (ICC) pour accoucher d’un projet commun. Elle a aussi annoncé le lancement d’une « cartographie des zones humides de la vallée » (50.000 euros), ainsi que « des accompagnements agroécologiques » pour promouvoir des pratiques agricoles moins gourmandes en ressources en eau.

Il n’empêche, l’impression de repartir de zéro est tenace… « Vous attendiez quoi ? Un projet clé en main ? Eh bien non » rétorque la secrétaire d’Etat, pendant que Catherine Ferrier, la préfète du Tarn rappelle qu’« en quatre ans, il s’en est passé des choses, même si je n’étais pas là à ce moment-là ».

« J’ai un bouquet de projets sur la table et je suis sûre que l’un d’eux est la solution » poursuit la secrétaire d’Etat à la biodiversité. Les maîtres d’ouvrage, derrière lesquels on retrouve les collectivités locales, sont donc priés d’affûter leur projet pour que d’un point de vue coût, impact et volume, tout rentre dans les cases. Pour l’Etat, les besoins en eau pour les agriculteurs de la vallée se situent aux alentours des 473.000 m3, auxquels s’ajoutent les 200.000 m3 de besoins pour le milieu naturel. Soit un peu moins de la moitié du projet initial (1,5 million de m3) qui avait provoqué une levée de boucliers de militants écologistes et la mise en place de la ZAD de Sivens.