Islande : L’éruption volcanique pourrait durer beaucoup plus longtemps que prévu

ERUPTION Après l’analyse des premiers échantillons de magma, l’hypothèse d’un phénomène plus long prend de l’ampleur

20 Minutes avec AFP

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En Islande, une éruption volcanique au Fagradalsfjall près de Reykjavik.
En Islande, une éruption volcanique au Fagradalsfjall près de Reykjavik. — Icelandic Coast Guard / AFP

Un vallon verdoyant a laissé la place à un décor hostile digne des ténèbres du Seigneur des Anneaux… L’éruption en cours en Islande révèle ses premiers secrets et les vulcanologues envisagent désormais qu’elle dure plusieurs semaines, voire beaucoup plus.

Sur les flancs du mont Fagradalsfjall à seulement 40 kilomètres de la capitale Reykjavik, les experts s’attendaient au départ à ce que l’éruption soit brève, de l’ordre de quelques jours. Mais en raison de la constance du flux de lave et après l’analyse des premiers échantillons de magma, l’hypothèse d’un phénomène plus long prend de l’ampleur.

Le flot de lave fait le bonheur de milliers de curieux

« Le débit est similaire depuis le début de l’éruption » vendredi dernier, note Freysteinn Sigmundsson, géophysicien à l’Institut des sciences de la Terre. « Cela signifie que nous commençons à nous demander si cela pourrait éventuellement être une éruption de longue durée », explique-t-il.

Loin des redoutables éruptions explosives, le flot de lave relativement faible et paisible qui coule depuis vendredi soir fait le bonheur de milliers de curieux venus approcher ce spectacle sublime, même si l’accès est ponctuellement bloqué lorsque les gaz toxiques sont en excès ou en raison des conditions météo.

Ici, le magma sort selon les calculs préliminaires à près de 1.190 degrés. Les spectateurs les plus inventifs tentent d’y faire griller des saucisses, du bacon ou des marshmallows, mais la température n’est pas toujours facile à maîtriser.

« Cette éruption a le potentiel pour se maintenir assez longtemps »

L’étude scientifique de la pression de cette plus jeune roche basaltique d’Islande suggère que le magma provient d’une source très profonde, à près de 15 kilomètres sous la surface. Un magma dit primaire c’est-à-dire en provenance directement du manteau terrestre supérieur, c’est du jamais vu dans cette région depuis des milliers d’années.

« La plupart des magmas se dirigent vers la croûte en créant leurs propres lignées et en évoluant. Ce magma monte tout droit », explique le vulcanologue Thorvaldur Thórdarson. Surtout, le flux de circulation souterraine est similaire à celui de sortie à la surface, ce qui accrédite l’idée d’un scénario plus long, précise-t-il. Avec de telles données, « à mon sens, cette éruption a le potentiel pour se maintenir assez longtemps », ajoute le spécialiste.

Si l’Islande est la zone volcanique la plus vaste et la plus active d’Europe, jamais depuis le XIIIe siècle la lave n’avait coulé dans la péninsule de Reykjanes. Un réveil volcanique dans le secteur après huit siècles de sommeil peut signifier une nouvelle période d’activité pendant des décennies ou plus, ont déjà prévenu les spécialistes.