Loire-Atlantique : « Nous n’avons plus de projet » au Carnet, annonce le Grand port maritime

EVACUATION DE LA ZAD Alors que la ZAD du Carnet est évacuée, le projet de base logistique et d’éco-parc d’entreprises est arrêté, annonce le Grand port maritime. « La crise économique a changé la donne », justifie son directeur

Frédéric Brenon

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Lors de l'évacuation de la ZAD du Carnet (Loire-Atlantique), mardi 23 mars 2021.
Lors de l'évacuation de la ZAD du Carnet (Loire-Atlantique), mardi 23 mars 2021. — S.Salom-Gomis/AFP
  • Le Carnet est un site de bord de Loire, entre Frossay et Saint-Viaud, à l’ouest de Nantes.
  • Le Grand port maritime voulait l’aménager partiellement à des fins économiques.
  • Une ZAD, installée depuis six mois, a été évacuée par la force mardi.

Au lendemain de l'évacuation de la ZAD du Carnet (Loire-Atlantique), occupée depuis six mois par une cinquantaine de militants, le Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire, propriétaire de cette ancienne île de Loire remblayée, se réjouit du « succès » de l’opération. « Nous sommes soulagés qu’elle se soit déroulée sans heurt, réagit Olivier Trétout, le directeur général du port. Cette situation ne pouvait plus durer à cause des tensions avec les riverains et de la pression exercée sur les élus. Nous regrettons les dégradations commises et l’entrave d’accès au site pendant ces mois d’occupation. Il était important de rétablir un climat apaisé. »

Selon lui, le site du Carnet se trouve désormais dans un état « très dégradé ». « Des tranchés ont été creusées, des roselières ont été arrachées pour la construction des cabanes, affirme-t-il. Nous avons retrouvé un nombre conséquent de déchets plastiques et polystyrènes enchevêtrés dans des ronces, des dépôts de graisse dans les sols…. Au total, 500 m3 de déchets sont en cours d’évacuation. Surtout, le site n’a pu être entretenu par nos équipes spécialistes de la gestion des espaces naturels et des plantes invasives ont proliféré. ».

« La crise économique a changé la donne »

Si les Zadistes s’étaient installés pour défendre le Carnet, c’est parce que le Grand port maritime projetait d’installer, sur ce vaste terrain en partie sauvage, une base logistique (ponton) ainsi qu'un éco-parc d'entreprises. Un potentiel d’un millier d’emplois était annoncé. Mais face aux critiques environnementales, le port avait déjà fait savoir en novembre que le projet était repoussé d’au moins un an. Cela devrait finalement être plus long que ça. « A ce stade, nous n’avons plus de projet, annonce Olivier Trétout. Nous n’avons plus de projet d’aménagement ou de construction. Ce n’est pas parce que la zone a été évacuée qu’une usine va sortir de terre demain. Pour les zadistes, il n’y a donc absolument rien à défendre. »

Le directeur général du port explique : « On souhaite se donner du temps. La crise économique que nous traversons a changé la donne et nous oblige à revoir nos priorités. Donc tant qu’il n’y aura pas de projet à discuter publiquement et qui emportera l’adhésion la plus large, il n’y aura pas d’aménagement. Les seules actions que nous souhaitons mettre en œuvre rapidement, ce sont la remise en état du site, des accès, ainsi que la réalisation d’inventaires faunistiques et floristiques comme indiqué il y a six mois déjà. »

Avant cette lutte, le site du Carnet Carnet était surtout connu du grand public pour avoir été au cœur d’un projet contesté de centrale nucléaire. Initié en 1982 par EDF, le projet avait été abandonné en 1997 après une lutte intense de la population locale et des écologistes. Peu fréquenté par l’homme, il accueillait depuis 2012 une éolienne prototype construite par Alstom. Elle devrait être rapidement démontée.