Nantes : La start-up Beem rayonne avec ses petits panneaux solaires à installer soi-même

ENERGIE La jeune pousse nantaise a convaincu de grandes enseignes de commercialiser ses panneaux solaires innovants

Julie Urbach
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Un panneau solaire Beem
Un panneau solaire Beem — Beem
  • L’objectif de Beem est de « rendre l’énergie solaire encore plus accessible au grand public ».
  • Ses petits panneaux, vendus par quatre, permettraient de produire environ 14 % de la consommation d’un foyer de trois personnes, hors chauffage.

Il mesure 70 cm de côté et pèse environ 5 kg. Mais ce petit panneau photovoltaïque au design plutôt joli cache de grandes ambitions. Imaginé par la start-up nantaise Beem, son objectif est « de rendre l’énergie solaire encore plus accessible au grand public », selon l’un de ses trois cofondateurs, Ralph Feghali, 32 ans. Après plusieurs centaines d’unités vendues en six mois, le produit va « changer d’échelle ». Depuis quelques jours, il est disponible sur le site Internet de Boulanger et bientôt de Leroy Merlin, avant de l’être en magasin.

Onéreux, pas fiable, compliqué… Pour lever les freins associés au photovoltaïque, Beem a imaginé des panneaux plus accessibles (prix de lancement : 680 euros, puis 780 euros) à installer soi-même. Une fois fixé au sol ou sur un mur bien exposé (une béquille permet une meilleure orientation), il suffit de le brancher à une simple prise de courant pour commencer à produire de l’électricité. Evidemment, un petit panneau ne couvrira pas toute votre consommation.

D’après Beem, « chaque kit (qui comprend quatre panneaux, soit 300 W) permet en moyenne de produire l’équivalent de celle d’un frigo, d’une box Internet, d’un ordinateur portable et de cinq ampoules LED, soit entre 60 et 80 euros d’économie chaque année, environ 14 % de la consommation hors chauffage d’un foyer de trois personnes. » Il est aussi possible d’en monter plusieurs en série.

Un « premier pas »

« C’est une philosophie du premier pas, qui peut permettre d’aller plus loin, pourquoi pas en passant à du solaire en toiture », estime Ralph Feghali, qui assure qu’il ne s’agit pas d’un « gadget ». Pour davantage de pédagogie, une appli est proposée aux clients afin qu’ils suivent en temps réel leur production, ainsi que celle de la « communauté des Beemers ».

Dominique, 42 ans, en fait partie. « Les grosses installations n’étaient pas du tout dans mon budget, raconte celui qui a fixé ses panneaux sur une façade exposée plein sud. Je me suis dit pourquoi pas tester, et j’ai bien fait ! C’est un produit valable qui fonctionne quasiment tout le temps, même un peu quand il y a des nuages. » Après un premier essai, le Corse projette d’acheter un second kit. « J’ai calculé que cela permettrait de compenser la consommation de la pompe de ma piscine. L’idée serait d’avoir une piscine autonome, en quelque sorte ! »

S’ils ont des profils variés, et sont locataires ou propriétaires, les clients de Beem se disent motivés par le fait de produire leur propre énergie et d’œuvrer pour la transition écologique. Sans oublier les raisons économiques… même s’il faut une dizaine d’années au moins pour rentabiliser le panneau, fabriqué en Asie, dont la durée de vie serait égale à 25 ans. La start-up, qui prévoit de passer de 10 à 20 salariés, espère écouler « plusieurs milliers » de ses panneaux d’ici à la fin de l’année.