Marseille : « Je m’en fous, qu’ils aillent se garer ailleurs», les voitures priées de déguerpir du Cap Croisette

PLANETE Face à la surfréquentation, le parc national des Calanques a décidé d’interdire la voiture au Cap Croisette, lieu emblématique du parc à Marseille

Mathilde Ceilles
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Face à la surfréquentation, les voitures ne seront plus tolérées à Cap Croisette, lieu emblématique des Calanques
Face à la surfréquentation, les voitures ne seront plus tolérées à Cap Croisette, lieu emblématique des Calanques — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Ce mercredi, le conseil d’administration du parc national des Calanques a décidé d’interdire l’accès du Cap Croisette aux voitures.
  • Cette mesure dans ce lieu marseillais emblématique des Calanques est censée lutter contre la surfréquentation du site.
  • Les riverains se plaignent toutefois que cette interdiction ne soit pas accompagnée d’autres pour désengorger les alentours.

C’est la première mesure concrète instaurée par le parc national des Calanques, face à sa surfréquentation grandissante. Ce mercredi, à l’issue de son conseil d’administration, le parc a interdit définitivement l’accès des voitures à un de ses écrins les plus célèbres, aux portes de Marseille : le Cap Croisette. Situé dans le huitième arrondissement, derrière le village reculé et authentique dits des Goudes, ce coin isolé en bord de mer, avec une vue imprenable sur la cité phocéenne au loin, était devenu, notamment depuis le dernier confinement, un lieu de plus en plus prisé des Marseillais en mal de grand air.

« Nous étions face à des visiteurs qui se garaient parfois illégalement sur des espaces naturels, estime François Bland, directeur du parc national des calanques. Et c’est la nature qui payait le prix de ce stationnement sauvage. » Concrètement, la barrière installée l’année dernière à la sortie des Goudes sera définitivement fermée « pour le week-end de Pâques », promet Didier Réault, vice-président LR de la Métropole en charge du littoral et de la mer et président du parc.

« Ça va être juste l’enfer »

Une mesure qui n’est pas sans inquiéter les riverains, notamment aux Goudes, qui jouxte le site. « Le problème, c’est qu’en voyant qu’il n’y a pas de parking, ils vont venir se garer là, juste avant, aux Goudes, peste Angélique. Cette barrière, elle sert à rien. Les gens, ils forcent le passage. En deux ans, je me suis retrouvée avec une voiture neuve laminée ! Les scooters donnent des coups de pied pour pouvoir passer. ! Là, ça va être juste l’enfer ! Il faudrait surtout plus de parkings, plus tôt, pour les voitures ! »

En effet, comme depuis des années, à l’heure actuelle, seul un bus à faible fréquence dessert ce site, et les parkings sont peu nombreux et de faible efficacité, créant ces stationnements anarchiques. « Pour désengorger le site, il faudrait que tout le monde se mette autour de la table, au lieu de prendre ce genre de mesurettes », déplore Guy Barotto, président de la fédération des CIQ du 8e arrondissement.

« Un signal aux visiteurs »

« Je vais vous répondre franchement, s’agace Didier Réault. Je m’en fous, les mecs qui viennent là, qu’ils se mettent ailleurs. Nous, ce qu’on veut d’abord, c’est ne pas détériorer la nature. C’est un signal que l’on donne aux visiteurs. » « Tout ce qui va vers la réduction de la pression automobile sur ce secteur de la ville est une bonne chose, à la fois pour le parc mais aussi pour les habitants, estime Pierre Benarroche, maire de secteur du 6e et 8e arrondissement issu du Printemps marseillais. Les gens ne vont pas se garer aux Goudes, puisque le site, de toute façon est saturé. Le parking Napoléon est plein. Alors, ça fait toujours entre 60 et 80 voitures de moins dans le parc des Calanques. »

Et de lancer : « On est prêt à lancer une politique de verbalisation des stationnements anarchiques, mais ça ne doit pas être le seul outil. Il faut aussi que la métropole développe l’offre de transports en commun. » Un projet que la présidente LR de la métropole, Martine Vassal, se disait prête à développer… à condition que la ville lutte contre le stationnement anarchique dans cette partie des Calanques.