Grenoble : A 20 ans, elle invente un poulailler connecté et autonome pour les particuliers

INNOVATION Clérye Figarella, étudiante en école d’ingénieurs à Grenoble, a été récompensée par la Fondation de France pour son projet de poulailler connecté, autonome et automatique

Caroline Girardon

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Clérye Figurella, étudiante à Grenoble, a inveté un poulailler connecté.
Clérye Figurella, étudiante à Grenoble, a inveté un poulailler connecté. — Clérye Figurella

L’idée lui est venue en observant tendrement sa grand-mère en train de répéter les mêmes gestes quotidiens : nourrir patiemment ses gallinacés, ramasser les œufs et fermer le poulailler. À tout juste 20 ans, Clérye Figarella, étudiante à Grenoble INP Ense3 a imaginé un poulailler autonome, connecté et automatique pour soulager les tâches des éleveurs ou des propriétaires. Ce projet, loin d’être excentrique, a retenu toute l’attention de Fondation de France qui lui a décerné le prix «  Déclic jeunes ».

Originaire du Sauze-du-lac, petit village des Hautes-Alpes de 130 habitants, l’étudiante nourrissait l’idée depuis un certain temps. Et s’est inspirée pour cela du vécu de ses grands-parents, agriculteurs, aujourd’hui à la retraite. « Quel que soit le temps, je vois ma grand-mère, qui aura bientôt 80 ans, aller à pied au poulailler soir et matin. En hiver, les chemins sont parfois boueux, ça glisse. Elle met 30 à 40 minutes. Le soir, même quand il y a de l’orage, il faut retourner fermer les poules », raconte Cléry, qui a donc imaginé un système pour lui simplifier la vie.

Nourrir ses poules à distance

« Il s’agit d’un système énergétique indépendant, expose la jeune femme. Le principe est simple : le toit est équipé d’un panneau solaire. Les rayons de lumière vont actionner mécaniquement l’ouverture et la fermeture de la porte du poulailler. Une vis sans fin permettra de faire descendre du toit la nourriture dans les mangeoires et d’apporter l’eau nécessaire dans les abreuvoirs ». De fait, le propriétaire pourra gérer le niveau des réservoirs de graines, en rajouter si besoin, augmenter également la température des lieux, à l’aide d’un smartphone connecté au système. Plus besoin de se déplacer non plus pour mettre les cocottes au lit.

« Ainsi, on peut nourrir les poules de chez soi, on peut partir en week-end sans se préoccuper de tout ça », continue Clérye. Et de préciser en riant : « Par contre, le système ne ramasse pas les œufs. C’est un plaisir que je laisse aux éleveurs ».

Grâce à la bourse de 7.500 euros qu’elle a obtenue via la Fondation de France, l’étudiante en génie électrique, planche actuellement sur un prototype destiné avant tout aux particuliers. « Pour l’instant, il ne s’adresse pas aux grosses exploitations mais surtout aux néoruraux ou habitants des villes car l’élevage de poules en milieu urbain se répand de plus en plus », observe Clérye qui entend propose ensuite son système aux communes des Hautes-Alpes. « J’en ferai sur commande en parallèle de mes études », conclut-elle.