Toulouse : Les plats non servis des cantines bientôt revendus à prix modiques et les restes réduits en compost

HALTE AU GASPILLAGE Engagée dans le réseau « Mon Restau Responsable », la mairie de Toulouse va bientôt proposer de revendre les restes non consommés des cantines à prix réduits, mais aussi valoriser leurs biodéchets en compost

Béatrice Colin

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Une cantine, à Toulouse.
Une cantine, à Toulouse. — FRED SCHEIBER/ 20 MINUTES
  • Dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire, les plats non consommés, qui représentent plus de 14.300 kg depuis la rentrée, devraient d’ici quelques semaines être revendus à prix réduits via l’application « Too good to go ».
  • Dans le même état d’esprit de réduire l’empreinte carbone des cantines scolaires, une expérimentation pour recycler les barquettes en cellulose des cantines va être lancée.
  • Et côté biodéchets issus des assiettes des petits Toulousains, la mairie vient de signer un contrat avec les Alchimistes, qui les récupèrent pour en faire du compost.

Chaque jour, 35.000 repas sont livrés par les cuisines centrales de Toulouse aux écoles maternelles et primaires de la ville. Mais à la fin du service, il arrive que des barquettes​ de plats ne soient pas entamées. Et c’est loin d’être anecdotique. Ainsi, depuis la rentrée de septembre, ce ne sont pas moins de 14.400 kg de nourriture qui n’ont pas été consommées. Un gaspillage alimentaire qui se chiffre à 58.700 euros.

Ces barquettes ne sont pas toutes perdues, une partie est récupérée par les Restos du cœur, le Secours populaire ou encore la Banque alimentaire. Mais ces dons restent compliqués à gérer pour des questions de normes d’hygiène. La mairie de Toulouse, qui a rejoint fin décembre le réseau «Mon Restau Responsable» créé par la Fondation Nicolas Hulot et le réseau Restau’co, a donc décidé d’étudier une autre piste pour les valoriser.

Pour y parvenir, elle s’est tournée vers « Too good to go », cette application qui propose aux consommateurs d’acheter à prix réduits les invendus des boulangeries et autres restaurants en fin de journée. Depuis son lancement dans la Ville rose en janvier 2017, ce dispositif a conquis 65.000 utilisateurs et 380 commerçants. Au total, 390.000 paniers de plats et autres viennoiseries ont été achetés pour une somme modique par les Toulousains au lieu d’être jetés.

« Aujourd’hui, nous sommes en train de regarder comment nous pouvons valoriser les barquettes de plats non consommés avec Too good to go, quel système nous pouvons mettre en place pour que des gens, souvent dans la précarité, puissent venir les chercher, où et à quelle heure », explique Jean-Jacques Bolzan, l’adjoint au maire en chargé du « bien manger » et de la cuisine centrale.

Un dispositif qui existe déjà par exemple dans la petite ville de Congrier, en Mayenne. Via l’application, les habitants peuvent se procurer une barquette de plats non consommés par les élèves pour deux euros.

Recycler les barquettes et les biodéchets

Au menu des engagements pour améliorer le bilan environnemental de ses cantines, la mairie de Toulouse s’est engagée à supprimer d'ici à 2 ans l’utilisation des barquettes en plastique et à valoriser ses barquettes jetables. Aujourd’hui, elles représentent 30 à 40 % des récipients utilisés. Une expérimentation va être lancée dans une ou deux écoles pilotes pour voir comment les collecter et les valoriser.

Et ce n’est pas le seul déchet issu des assiettes des petits Toulousains qui va trouver une seconde vie. Les Alchimistes Occiterra, qui collectent, entre autres, les biodéchets des restaurateurs pour les transformer en compost, viennent de remporter l’appel d’offres de la cuisine centrale de Toulouse.