CO2 : Les émissions du secteur de l’énergie sont déjà reparties fortement à la hausse

POLLUTION Le coronavirus ayant limité les déplacements, les émissions ont reculé de 5,8 % en 2020, soit la plus forte baisse de l’histoire de l’humanité. Un phénomène pourtant éphémère

20 Minutes avec AFP
— 
Des rejets de CO2 d'une usine aux Etats-Unis.
Des rejets de CO2 d'une usine aux Etats-Unis. — Branden Camp/AP/SIPA

Le coronavirus n’aura eu qu’un impact temporaire sur la pollution. Après un déclin historique l’an dernier en raison de la pandémie de Covid-19, les émissions de CO2 du secteur de l’énergie ont déjà fortement rebondi, a mis en garde ce mardi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

« Après avoir atteint un point bas en avril, les émissions mondiales ont rebondi fortement et sont passées au-dessus de leur niveau de 2019 en décembre », a souligné l’AIE. Elles étaient ainsi en décembre dernier 2 % supérieures à leur niveau de décembre 2019. Cela correspond à des rejets supplémentaires de 60 millions de tonnes.

« Le rebond des émissions de CO2 dans le monde à la fin de l’année dernière représente un sérieux avertissement sur le fait que nous n’avons pas fait assez pour accélérer la transition vers les énergies propres à travers le monde », a prévenu le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol. Surtout, « si le rebond économique attendu cette année se confirme – et en l’absence de changement politique majeur parmi les plus grandes économies de la planète, alors les émissions mondiales vont probablement augmenter en 2021 ».

La crainte de la reprise des voyages

Les émissions de l’énergie ont dans l’ensemble reculé de 5,8 % l’an dernier, soit presque deux milliards de tonnes de CO2, la plus forte baisse de l’histoire de l’humanité, selon les derniers chiffres de l’AIE contenus dans un rapport spécial. La baisse a été causée pour l’essentiel par une moindre utilisation du pétrole pour le transport routier et l’aviation. Mais, « avec la reprise des voyages et des activités économiques, la consommation de pétrole et ses émissions associées repartent à la hausse », indique le rapport.

Le chiffre global pour 2020 masque par ailleurs une forte disparité selon les pays : les émissions de la Chine ont progressé de 0,8 % en 2020 avec une reprise rapide de l’activité, tandis qu’elles baissaient de 10 % aux Etats-Unis.