La Convention citoyenne pour le climat colle la note finale de 2,5 / 10 à l’exécutif

PEUT MIEUX FAIRE Les membres de la Convention citoyenne pour le climat estiment que les décisions du gouvernement sont insuffisantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre

Vincent Vantighem

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Paris, le 14 décembre 2020. Emmanuel Macron lors d'un rendez-vous avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat.
Paris, le 14 décembre 2020. Emmanuel Macron lors d'un rendez-vous avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat. — THIBAULT CAMUS / POOL / AFP

Il n’y a pas d’appréciation. Mais la note suffit pour comprendre que le gouvernement a encore du travail en matière d’écologie. Appelés à voter pour évaluer si les actuelles décisions de l’exécutif pourraient permettre de diminuer d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport à 1990, les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) ont attribué, ce dimanche, la note finale de 2,5 / 10 à l’exécutif.

Les participants à cet exercice de démocratie participative, inédite à cette taille en France, ont toutefois estimé majoritairement, à 6 / 10, que la Convention pour le climat avait été « utile à la lutte contre le changement climatique ». Mais sur la traduction concrète de leurs mesures, aucune des six familles de propositions n’a obtenu la moyenne, lors des votes des quelque 120 inscrits sur les 150 tirés au sort, au terme de cette session finale tenue par visioconférence en raison de l’épidémie de coronavirus.

La modification de la Constitution saluée

Cette note finale de 2,5/10 est en réalité une moyenne de toutes les notes attribuées aux différentes familles de proposition. Ainsi, la thématique ‘’se loger’’ a obtenu la note de 3,4/10 ; ‘‘produire et travailler’’, ‘’se nourrir’’ et ‘’se déplacer’’ : 3,7 chacune. ‘’Consommer’’ a eu 4. Et les propositions sur la gouvernance 4,1.

Peu de mesures ont eu la moyenne. La meilleure note, 6,1 / 10, est venue sanctionner la réforme de l’article premier de la Constitution, visant à introduire la lutte contre le changement climatique, sur laquelle Emmanuel Macron a proposé un référendum. Le jugement est très dur sur d’autres objectifs emblématiques : 2,8/10 seulement pour ‘’limiter les effets néfastes du transport aérien’’.

Certains membres ont attribué systématiquement la note « zéro »

« Ce n’est pas surprenant. C’est quelque chose à quoi on s’attendait », a commenté une source au ministère de la Transition écologique après cette conclusion, regrettant qu’un bloc de 15 à 20 membres ait attribué systématiquement la note « zéro », faisant évidemment baisser la moyenne et rendant la lecture des résultats moins facile. « Pourquoi le président n’a pas voulu tenir compte de notre avis, je ne sais pas, la démocratie participative, c’est fait pour écouter le peuple », a déploré Mathieu, l’un des participants.

Sur les 146 propositions sur lesquelles le gouvernement s’était engagé, 75 ont déjà été mises en œuvre et 71 sont en voie de l’être. Certains via le plan de relance ou le budget, d’autres dans des décrets ainsi qu’une quarantaine dans le projet de loi Climat et résilience qui sera débattu fin mars à l’Assemblée nationale. Mais les écologistes dénoncent des mesures écartées et des ambitions à la baisse.