Alpes-Maritimes: Aile brisée, patte cassée... Une clinique bientôt au chevet de la faune sauvage

ANIMAUX Un centre de soins destiné à recueillir les spécimens blessés va ouvrir près de Cannes

Fabien Binacchi

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Séance nourrissage pour un Petit-duc
Séance nourrissage pour un Petit-duc — CSAM
  • L’association Paca pour demain va ouvrir près de Cannes, avec le soutient de collectivité, le deuxième centre de soins de la faune sauvage de la région.
  • Cet espace ne sera « ni un refuge, ni une réserve » et sa mission sera « de remettre les animaux blessés en liberté le plus vite possible, sans imprégnation humaine et dans l’environnement le plus favorable à leur réinsertion », résume l’association.

Aile brisée, patte cassée ou petit tombé du nid… A l’ouest des Alpes-Maritimes, un véritable hôpital pourra bientôt soigner les animaux de la faune sauvage​ retrouvés blessés. « Jusqu’à présent, un seul centre de soins en Paca, géré par la Ligue de protection des oiseaux à Buoux, dans le Vaucluse, pouvait les recueillir. En mai, nous en ouvrirons un à Saint-Cézaire-sur-Siagne », près de Cannes, explique à 20 Minutes Hélène Bovalis, la présidente de l’association Paca pour demain, qui sera chargée de chapeauter cette structure.

Passereaux, martinets, corvidés, petits rapaces, chauve-souris, hérissons, écureuils roux, reptiles protégés… « On estime que chaque année, dans le département, 400 animaux sont découverts en difficulté et sont mal gérés », précise la responsable. D’autant plus qu’il est interdit à un particulier (sauf en cas de dérogation) de recueillir, détenir et transporter des espèces de la faune sauvage.

La future clinique permettra au public « mais aussi aux pompiers, société d’autoroutes, gardes forestiers et même aux chasseurs, qui font aussi partie des découvreurs de ces animaux blessés », selon Hélève Bovalis, de trouver une réponse adaptée.

« Les remettre en liberté le plus vite possible »

Le Centre de soins des Alpes-Maritimes (CSAM) ne sera « ni un refuge, ni une réserve » et sa mission sera « de les remettre en liberté le plus vite possible, sans imprégnation humaine et dans l’environnement le plus favorable à leur réinsertion », précise l’association.

Concrètement, il fonctionnera avec « un vétérinaire sanitaire référant » basé à Nice qui sera consulté à distance ou qui interviendra directement sur place. « Et le but est également de créer un maillage de vétérinaires relais qui pourront assurer les soins d’urgence et les radios avec une convalescence et, si besoin, une réhabilitation à Saint-Cézaire-sur-Saigne », détaille encore Hélène Bovalis.

La future salle des mammifères
La future salle des mammifères - CSAM

Le CSAM, aménagé sur plus de 120 m2 dans une ancienne école mise à disposition par la commune, bénéficiera, en plus de deux salles de soins, une pour les oiseaux et l’autre pour les mammifères, d’une volière extérieure.

« Nous lançons un appel à des mécènes prêts à nous aider »

Il emploiera une responsable et un « capacitaire » (détenteur d’un certificat délivré par la préfecture) qui prodiguera les soins. « Il nous faudrait 200.000 euros pour être à pleine puissance dès l’ouverture, indique la présidente de l’association Paca pour demain. Des collectivités devraient nous confirmer leur soutien financier et nous lançons également un appel à des mécènes privés qui seraient prêts à nous aider. »

Inscrit dans le Contrat de transition écologique (CTE) du Pays de Grasse, le projet a également reçu le soutien du député des Alpes-Maritimes Loïc Dombreval (LREM), président du groupe d’études « Condition animale » de l’Assemblée nationale.