Loire-Atlantique : La grogne monte autour d'un projet de ferme de 3.000 porcs

AGRICULTURE A Saint-Gildas-des-Bois, un collectif de riverains s'est créé pour s'opposer au projet d'extension d'un élevage de porcs

Julie Urbach

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Illustration d'un élevage de cochons en Bretagne.
Illustration d'un élevage de cochons en Bretagne. — S. Salom Gomis / Sipa
  • Des éleveurs de Saint-Gildas-des-Bois prévoient d’agrandir leur exploitation pour accueillir le double de porcs qu’actuellement.
  • Une manifestation est prévue ce samedi après qu’une pétition a recueilli plus de 2.500 signatures.

Il s’agira selon leurs termes d’une « ferme usine » proche de ces « élevages concentrationnaires, qui ont déjà provoqué de très nombreuses pandémies ces dernières années ». Ce samedi matin, les opposants au projet d’extension d’une ferme porcine à Saint-Gildas-des-Bois (Loire-Atlantique) ont prévu de manifester devant la mairie de la commune de 3.700 habitants. Dans leur viseur, les cinq éleveurs du Gaec du Pas de la Roche, soutenus par l’importante coopérative agricole bretonne Cooperl, qui souhaitent agrandir leur installation. Selon le dossier présenté en préfecture, le nombre de ces animaux, qui s’ajoutent aux 135 vaches laitières présentes, passerait de 1.504 actuellement à 2.993.

« Tout le contraire de ce qu’il faut faire », pour les opposants, soutenus par la France Insoumise, qui plaident au retour « des fermes à taille humaine ». Ces riverains redoutent « les épandages », « les odeurs », « le trafic de camions », « la pollution du Brivet et des zones humides », mais aussi « des conditions de vie et une souffrance insupportable pour les animaux et pour les agriculteurs esclaves de l’agro-industrie », écrivent-ils dans une pétition, signée par plus de 2.500 personnes à ce jour.

Garder les animaux sur site

Du côté des porteurs du projet, qui nécessitera la destruction de bâtiments vétustes pour en construire un beaucoup plus grand, la lecture est évidemment différente. Rappelant que « les porcs mâles ne sont plus castrés depuis 2013 et les truies gestantes sont élevées en liberté, sur paille depuis 1995 », les éleveurs assurent que cette extension permettra surtout d’améliorer leur bien-être : contrairement à aujourd’hui, ils ne seront plus envoyés sur d’autres sites pour être engraissés, « ce qui limitera les transferts par camion (gains environnementaux, économique et sanitaires) ».

« L’effectif de truies est et restera de 250 truies, soit un cheptel dans la moyenne des élevages français », précise la Cooperl, qui veut également rassurer sur l’aspect environnemental. Il est par exemple déjà prévu qu’une partie des déjections vienne alimenter l’unité de méthanisation de la coopérative, à Lamballe, pour l’équivalent du chauffage annuel d’une vingtaine de foyers.

La faute au « modèle agricole dominant »

Autant de questions qui seront encore largement discutées à Saint-Gildas-des-Bois, puisque la consultation du public sur le projet sera relancée à partir de la mi-mars, après un défaut d’affichage en mairie. En attendant, dans un communiqué intitulé «Comprendre avant de s’opposer», la Confédération paysanne vient au secours des éleveurs incriminés.

« Attention aux jugements trop hâtifs, écrit le syndicat. La taille de l’atelier peut apparaître effectivement conséquente et ne correspond pas au modèle agricole que promeut la Confédération Paysanne. Pour autant, les agriculteurs ne sont pas responsables du modèle agricole dominant dans lequel les politiques publiques les ont emmenés. »