Attention, elles sont de sortie… Comment se débarrasser des chenilles processionnaires du pin ?

ÇA GRATTE La lutte contre la chenille processionnaire du pin, dangereuse pour l'homme, n'est pas si simple. Exemple en Loire-Atlantique où ces petites bestioles sont déjà de sortie

Julie Urbach

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Des chenilles processionnaires. (Illustration)
Des chenilles processionnaires. (Illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Cet insecte brunâtre et velu, et dont les poils sont très urticants, quitte en ce moment son nid pour s'enfouir dans le sol.
  • Plusieurs techniques existent pour tenter de limiter la prolifération de la chenille.

Elles se déplacent généralement en file indienne, ce qui leur donne ce nom bizarre. Les chenilles processionnaires du pin sont de sortie en France ces derniers jours avec les premiers rayons de soleil. En Loire-Atlantique, où ces essences d’arbre sont très répandues, le pic de processions est attendu dans les prochains jours. « Alerte ! Il y a une dizaine de nids dans le pin devant la crèche », s’inquiète déjà une Nantaise sur Twitter, photo de ces petites bestioles déambulant sur le trottoir à l’appui.

De 3 à 4 cm de long, cet insecte brunâtre et velu quitte en ce moment son nid pour s’enfouir dans le sol. Quelques mois plus tard, la larve deviendra papillon de nuit, puis les femelles iront pondre là-haut, sur les aiguilles, avant que les œufs ne deviennent chenilles… Mais il y a un hic : « Leurs poils sont particulièrement urticants et très dangereux pour l’homme, notamment pour les enfants s’ils les touchent et les mettent à la bouche, explique Vincent Brochard, responsable départemental de l’organisme Polleniz et référent sur le dossier. Attention aussi aux animaux de compagnie, certains y sont malheureusement passés… Nous lançons un appel à la prudence. »

Drone, sacs, traitement…

En plus de ces messages de prévention, la lutte pour éradiquer ces chenilles coriaces s’intensifie. A La Baule, où le sujet est devenu « un vrai enjeu sanitaire », on a décidé d’employer les grands moyens. Au début du mois, un drone téléguidé a carrément été lâché dans le ciel pour repérer les nids, parfois très hauts dans les arbres, et pour y injecter du savon noir. « Il va falloir l’améliorer, mais le dispositif est intéressant, se félicite Annabelle Garand, adjointe au maire en charge de l’environnement. L’objectif est de combiner différentes méthodes, il n’y a que comme ça que l’on pourra s’en débarrasser ! »

Des écopièges au drone, de nombreuses techniques pour lutter contre les chenilles processionnaires du pin
Des écopièges au drone, de nombreuses techniques pour lutter contre les chenilles processionnaires du pin - D. Q (à Saint-Brévin) et Ville de la Baule

Comme dans d’autres villes, la commune tente aussi de piéger les petites bêtes lors de leur descente, grâce à de grands sacs fixés autour des troncs. Elle a aussi installé des nids à mésanges, oiseaux qui raffolent de ces chenilles, mais certains habitants ont pris l’habitude de les nourrir ce qui leur coupe un peu l’appétit… « Il existe aussi le piège à phéromones afin de créer un leurre et capturer les papillons mâles, complète Vincent Brochard. La lutte microbiologique montre aussi de bons résultats. On pulvérise sur les aiguilles du bacille de Thuringe, une bactérie qui empoisonne les chenilles, mais dont l’innocuité a été vérifiée pour les autres espèces. Le problème est que pour être efficace, la bactérie doit être ingérée par les chenilles dans les 10 jours suivant son application. »

Des billes de paintball

Pour tenter d’aller plus loin, les communes essayent de sensibiliser les particuliers à traiter leurs arbres ou à les équiper d’écopièges. Et notamment les propriétaires de résidence secondaires, qui ne voient pas de leurs propres yeux les processions, en général terminées lorsqu’ils arrivent pour les vacances d’été.

D’autres pistes de traitement sont aussi à l’étude, avec là encore d’étonnants outils. « Nous avons récemment testé à Saint-Nazaire la méthode de confusion sexuelle pour laquelle nous utilisons un paintball, décrit Vincent Brochard. On projette des billes qui contiennent des phéromones de synthèse afin de sursolliciter les récepteurs des papillons mâles et les empêcher de localiser les femelles. L’objectif est qu’à force de rechercher les femelles, ils s’épuisent ! Ce qui va limiter les accouplements, et donc le nombre de chenilles. »