Montpellier : Avec le comité Arbre, la ville va pointer les épines dans les projets immobiliers

ECOLOGIE Ce nouveau dispositif donnera des recommandations pour la préservation du patrimoine arboré lors de nouvelles constructions à Montpellier

Nicolas Bonzom

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Le parc Montcalm, à Montpellier.
Le parc Montcalm, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • La ville de Montpellier s’est dotée d’un comité Arbre, qui donnera son avis sur tous les projets d’aménagement qui ont un impact sur le patrimoine arboré existant.
  • Leur avis sera pris en compte dans la discussion avec les promoteurs immobiliers.
  • Son action a pour texte de référence une nouvelle charte de l’Arbre.

La ville de Montpellier (Hérault) s’est dotée d’un nouvel outil écolo : le comité Arbre. Ce collège, qui s’est réuni pour la première fois le 15 février dernier, a pour vocation de donner son avis sur tous les projets d’aménagement, publics ou privés, qui ont un impact sur le patrimoine arboré existant. Il sera sollicité systématiquement, lorsque la direction des paysages et de la biodiversité de la commune repérera une épine dans une future construction.

« Cela peut être un projet de bâtiment sur un terrain où il y a beaucoup d’arbres, Stéphane Jouault (EELV), élu à la nature en ville, et président du dispositif. Le comité pourra dire qu’il lui semble compliqué de construire sur cette parcelle, ou encore qu’il faut réduire la surface du bâtiment, pour préserver un maximum le patrimoine arboré. »

Une nouvelle charte de l’Arbre

Ces recommandations seront ensuite « prises en compte dans le cadre des discussions avec les promoteurs », poursuit l’adjoint au maire, qui est entouré, au sein du comité Arbre, d’élus, de représentants d’associations (les Ecologistes de l’Euzière et la Ligue de protection des oiseaux) et d’un chercheur du Cirad. L’action de cette nouvelle instance a pour texte de référence la nouvelle charte de l'Arbre, mise en place par la ville de Montpellier. Un véritable guide des bonnes pratiques à l’attention des maîtres d’ouvrage.

« Il existait une charte qui datait de la fin des années 1990, elle a été remise au goût du jour, au regard des préoccupations actuelles, reprend Stéphane Jouault. Ce qui change, c’est la philosophie de la commune autour de la conservation du patrimoine arboré. Auparavant, on prévoyait un bâtiment, et on voyait ce que l’on pouvait couper, pour que cela rentre dans une parcelle. Désormais, c’est l’inverse. On regarde le patrimoine végétal existant, et en fonction, on regarde ce que l’on peut faire. »

Créer « un espace de concertation »

Pour Laurent Villaret, président de la Fédération des promoteurs immobiliers Occitanie et Méditerranée, « il ne faut jamais opposer écologie et construction ». « On pense parfois que nos métiers sont en adoration devant le béton, alors que nous sommes engagés dans une transition, qui fait halte à la consommation de carbone, poursuit-il. Croire que l’on veut se débarrasser des espèces végétales sur les terrains, c’est mal nous connaître. »

Toutefois, Laurent Villaret se réjouit de la création de ce comité, et espère le rencontrer bientôt. « Toute mesure visant à donner un cadre à la construction, que ce soit sur la densité, les règles de parking ou la protection du patrimoine végétal, est une très bonne chose. Nous espérons que ce cadre va créer un espace de concertation, et pas un espace de sanction. Que ce ne soit pas un comité d’opposition à la construction, mais un comité qui permette de construire de façon durable, en respectant la planète. Mais je suis sûr que c’est pour cela qu’il a été créé. Les professionnels joueront le jeu. »