Poussières sahariennes, chauffage, épandage, météo… Le cocktail qui explique la pollution sur plusieurs régions

ENVIRONNEMENT Bourgogne-Franche-Comté, une partie d’Auvergne-Rhône-Alpes et de la Nouvelle-Aquitaine, sont concernées par cet épisode de pollution, principalement dû aux poussières du Sahara mais pas seulement

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un pic de pollution atmosphérique.
Illustration d'un pic de pollution atmosphérique. — V. Wartner / 20 Minutes

Trois régions sont frappées par un épisode de pollution aux particules fines. La Bourgogne-Franche-Comté et une partie d’Auvergne-Rhône-Alpes et de la Nouvelle-Aquitaine, sont concernées, particulièrement en raison de poussières venues du Sahara.

« La région Bourgogne-Franche-Comté est touchée ces jours-ci par une hausse significative des niveaux de particules PM10 (particules fines) dans l’atmosphère », indique dans un communiqué l’agence Atmo, chargée de la surveillance de la qualité de l’air. « L’origine de cette situation, favorisée par des conditions climatiques relativement stables, est liée à des provenances mixtes, comme par exemple les émissions du chauffage domestique, encore en activité malgré les conditions printanières, et à l’apport de poussières sahariennes », précise-t-elle.

Emanations de nitrate d’ammonium à cause des épandages

« Le secteur agricole entame par ailleurs ses épandages à la faveur du beau temps. Cela génère des émanations de nitrate d’ammonium qui se transforment en particules secondaires », relève également Hélène Tissot, chargée de mission à l’agence Atmo. L’organisme explique que le seuil d’information et de recommandation pour les personnes sensibles (50 μg/m3/j) a été franchi mercredi dans certaines parties de la région, à l’instar du Grand-Est, des Alpes et de la Corse.

« Cette situation devrait perdurer et les concentrations de particules rester élevées, justifiant le déclenchement, pour ce jeudi et pour vendredi, d’une procédure d’alerte sur persistance », ajoute Atmo.

Vitesse maximale abaissée sur certaines routes

En Nouvelle-Aquitaine, sept des douze départements (Creuse, Corrèze, Haute-Vienne, Vienne, Dordogne, Landes, Pyrénées-Atlantiques) ont été classés jeudi en alerte par Atmo et la préfecture de la Creuse a déclenché sa procédure d’alerte pour pollution atmosphérique en raison notamment de « l’apport de poussières désertiques amenées du Sahara par des vents de sud-est ».

En conséquence, la vitesse maximale autorisée sur le réseau routier de certains départements, notamment la Creuse et la Dordogne, est abaissée de 20 km/h, sans toutefois descendre en dessous de 70 km/h pour les routes nationales et départementales.

Limiter les émissions d’origine automobiles, industrielle, artisanale et domestique

Huit des douze départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont également concernés par cette vigilance rouge (Haute-Loire, Rhône, Savoie, Haute-Savoie, Drôme, Ain, Isère et Loire). Les chauffages individuels au bois d’appoint (cheminées, poêles…) sont interdits dans l’Ain et dans les deux Savoie et des mesures de limitation de la vitesse sur les axes routiers ont également été prises.

Le réseau Atmo rappelle qu’il est recommandé, lors de ce genre d’épisodes, de limiter les émissions d’origine automobile, industrielle, artisanale et domestique, de privilégier les sorties brèves, de réduire les activités physiques et sportives intenses.

Début février, des vents venus du Sahara avaient déjà provoqué une pollution aux poussières de sable dans le Sud et le Grand Est.