Ifremer : La flotte et les investissements scientifiques de l’institut renforcés

OCEANOGRAPHIE L’institut va notamment investir près de 23 millions d’euros dans des infrastructures de recherche dont la modernisation d’un robot pouvant aller à une profondeur de 6.000 mètres

20 Minutes avec AFP

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Une piscine simulant des vagues, présentée le 6 février 2021 lors de l'inauguration du nouveau siège de l'Ifremer à Plouzane près de Brest.
Une piscine simulant des vagues, présentée le 6 février 2021 lors de l'inauguration du nouveau siège de l'Ifremer à Plouzane près de Brest. — Herve RONNE-POOL/SIPA

L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) va bien. Sa situation financière est même « saine » a assuré mercredi François Houllier, reconduit le 17 février à la tête de l’institut basé à Brest. Il va donc pouvoir mettre à profit ses fonds pour renforcer au cours des prochaines années sa flotte océanographique, ainsi que ses investissements scientifiques.

Trois grands plans d’investissement

« Il y a une forme d’intérêt croissant pour les enjeux de la mer et des océans en général, et pour les enjeux scientifiques liés à la mer et aux océans en particulier », s’est en outre réjoui François Houllier lors d’une présentation à la presse de la stratégie de l’Ifremer pour les prochaines années.

Trois grands plans d’investissement vont notamment être mis en œuvre. Le premier est un plan de rénovation immobilière « de grande ampleur » sur les sites de Brest et de Nantes, tandis que le deuxième consiste à moderniser et renouveler d’ici 2035 la flotte océanographique française, composée de 18 navires, d’équipements mobiles et de systèmes sous-marins. L’Atalante et le Pourquoi pas ?, fleurons de la flotte, bénéficieront notamment d’une cure de jouvence.

Renforcer le réseau des bouées Argo

Enfin, le troisième est un plan d’investissement scientifique exceptionnel de près de 50 millions d’euros provenant de la vente des parts détenues par l’institut dans le groupe de services satellitaires CLS. Dans le cadre de ce plan, près de 23 millions d’euros seront alloués au soutien d’infrastructures de recherche dont la modernisation du robot télé-opéré Victor 6000, capable de travailler à une profondeur de 6.000 mètres, et l’acquisition d’ici 2025 d’un nouveau ROV similaire. Il s’agira également de renforcer le réseau des quelque 4.000 bouées Argo réparties sur les mers du globe depuis 2008 afin de mesurer la température, la salinité et les courants marins, ainsi que de créer deux observatoires des fonds de la mer, l’un à Mayotte et l’autre en Nouvelle-Calédonie.

Une enveloppe de près de 20 millions d’euros sera dédiée au soutien de l’innovation et du numérique avec notamment un investissement de 5 millions d’euros dans la société Kinéis, une filiale de CLS qui développe sa propre constellation de nanosatellites. Enfin, 7 millions d’euros serviront au développement de chaires de recherche.

Fondé en 1984, l’Ifremer emploie quelque 1.500 personnes dans ses 20 laboratoires installés sur toutes les façades maritimes de l’hexagone et des outremers. Son budget avoisine 240 millions d’euros.