Bretagne : La pêche interdite autour de la vieille épave du Tanio pour éviter les marées noires

POLLUTION Le pétrolier coulé en 1980 au large de l’île de Batz avait été colmaté mais les plaques ont été arrachées

Camille Allain

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Le Tanio a sombré le 7 mars 1980 au large des côtes Nord du Finistère.
Le Tanio a sombré le 7 mars 1980 au large des côtes Nord du Finistère. — AFP
  • Coulée en 1980 au large du Finistère Nord, l’épave du Tanio continue de laisser échapper du pétrole.
  • Une importante opération de colmatage avait été organisée en septembre mais des engins de pêche ont abîmé ces réparations.
  • La préfecture maritime a préféré interdire la pêche dans la zone jusqu’à nouvel ordre.

Elles n’auront pas résisté longtemps. Posées il y a quatre mois sur la vieille épave du Tanio, les plaques censées empêcher les fuites d’hydrocarbures ont visiblement été arrachées. D’après la préfecture maritime, ce sont des engins de pêche qui auraient occasionné ces dégradations sur la coque du pétrolier coulé en 1980 au large de l’île de Batz, dans le Finistère. Pour éviter que ces dégradations se renouvellent, le préfet maritime a pris un arrêté interdisant la pratique de la pêche dans un rayon de 500 mètres autour de l’épave du pétrolier « afin d’en assurer la protection ».

Depuis plusieurs mois, des rejets d’hydrocarbures venaient régulièrement polluer les côtes et mazouter les ailes d’oiseaux impuissants. En septembre, une délicate opération de colmatage avait été organisée grâce à un robot sous-marin. Des plaques obturatrices avaient été posées pour « boucher les trous » de l’épave.

Battant pavillon malgache, le pétrolier long de 192 m s’était brisé en deux sous la violence d’une tempête en 1980. Huit membres de l’équipage avaient péri dans le naufrage et 10.000 tonnes de pétrole s’étaient déversées en mer. La partie arrière du pétrolier, contenant 7.500 tonnes de pétrole, avait été remorquée jusqu’au Havre, tandis que la partie avant coulait avec encore plus de 10.000 tonnes à son bord. Il avait fallu quinze mois d’opérations sous-marines pour récupérer plus de 5.000 tonnes de pétrole et colmater les brèches.

Quelques poches résiduelles

L’épave, qui repose par plus de 80 mètres de fond, ne contiendrait donc presque plus de matière, mais quelques poches résiduelles continuent de pourrir la vie sauvage. Après les réparations de septembre, de nouvelles pollutions avaient été constatées. Une mission d’inspection menée en janvier avait permis de constater que plusieurs plaques avaient été arrachées par des engins de pêche. D’où l’interdiction de pêche à 500 mètres à la ronde. « Le respect de cet arrêté est un prérequis indispensable à la deuxième étape du processus : conduire une intervention de colmatage des fuites semblable à celle menée en septembre 2020 », précise la préfecture maritime.

La question de la date de cette intervention se pose déjà. Mais il faudra attendre la disponibilité de la marine nationale et surtout des conditions de mer et de courant favorables. Pas simple dans ce coin balayé par les vents.