C’est quoi ce nuage de sable qui touche la France régulièrement ?

INTEMPERIES Le nuage de sable de ce lundi devrait être moins visible que celui qui avait touché la France le premier week-end de février

Manon Aublanc

— 

Deux passagers à la sortie de l'aéroport de Tenerife, en Espagne, le 22 février 2020.
Deux passagers à la sortie de l'aéroport de Tenerife, en Espagne, le 22 février 2020. — Andres Gutierrez/AP/SIPA
  • Début février, un nuage de sable du Sahara avait touché une partie de la France, donnant lieu à des paysages impressionnants, teintés de couleurs orange, ocre ou rose.
  • Une nouvelle vague de poussières de sable survole l’Europe, et notamment la France depuis ce week-end, et devrait atteindre son intensité maximale ce lundi. 
  • Ce phénomène, assez fréquent, se produit dans des conditions météorologiques spécifiques. « 20 Minutes » vous explique pourquoi.

Le ciel va-t-il se teinter d’une couleur orange comme au début du mois ? Un nuage de sable venu du Sahara survole l’Europe depuis ce week-end, et devrait atteindre son niveau maximal, ce lundi, selon les prévisions de Météo France. Pour autant, le phénomène devrait être moins visible que celui de début février.

Le 8 février, un ciel « couleur sépia » avait été observé dans une partie de la France, en particulier dans le sud et l’est. Les « poussières du désert », comme les appelle Météo France, ont traversé la Méditerranée et sont arrivées sur l’Hexagone, dimanche, avec un niveau maximal attendu ce lundi. D’où vient ce nuage ? Comment se forme-t-il ? 20 Minutes fait le point.

Comment se forme un nuage de sable ?

Les nuages de sable se forment dans les grands déserts, et notamment le Sahara, proche de l’Europe. Pour qu’un nuage de sable se forme, il faut des conditions particulières, comme le passage d’un front ou d’une dépression. « Le vent décroche les poussières fines, des particules de sable, et les soulève du sol. Il faut que le vent soit assez fort pour que les poussières ne retombent pas immédiatement. Elles montent ensuite dans l’atmosphère et sont transportées dans l’air, là où le flux les emmène », décrypte Vincent Guidard, chercheur au Centre national de recherches météorologiques de Météo France.

Ces phénomènes sont-ils fréquents ?

Il s’agit d’un phénomène qui se produit assez régulièrement, mais certaines saisons sont plus propices que d’autres. « Le fait que les poussières se soulèvent dans l’air, ça arrive souvent. Mais pour qu’elles soient transportées sur une longue distance, il faut des conditions spécifiques favorables, notamment du vent et de la pluie. C’est la raison pour laquelle ce phénomène arrive la plupart du temps en automne et en hiver », décrit le spécialiste. En revanche, il est assez rare que deux épisodes forts, « comme c’est le cas ce mois-ci », arrivent en si peu de temps, observe Vincent Guidard. Certaines régions sont plus touchées que d’autres : « On observe souvent des dépôts de sable dans le sud de la France, notamment sur les voitures, ou sur les massifs montagneux, comme les Pyrénées ou les Alpes », précise le chercheur, qui ajoute que le phénomène est par exemple plus rare en région parisienne.

Jusqu’où peut aller un nuage de sable ?

Jusque-là où le vent le mène. En fonction des dépressions, le sable peut monter à une altitude plus ou moins haute et peut être transporté sur des distances plus longues. « La distance varie en fonction de l’altitude à laquelle monte ce nuage de sable et s’il rencontre des situations de pluie, qui le ferait retomber au sol », décrit le spécialiste. En juin dernier, par exemple, un très fort épisode avait traversé l’Atlantique et avait touché les Antilles, dégradant la qualité de l’air sur la Guadeloupe et la Martinique et rendant l’atmosphère irrespirable.

Ce nouvel épisode va-t-il être aussi visible que celui du début du mois ?

Au début du mois de février, une partie de la France avait pu observer un nuage ocre, jaune ou rose – en fonction des régions – pendant quelques jours. L’épisode avait été particulièrement visible dans les Pyrénées et dans les Alpes. « Début février, le phénomène avait été très visible, car le nuage était arrivé au petit matin, avec un soleil très bas », explique Vincent Guidard. Malheureusement, ce lundi, le nuage de sable devrait être moins visible à l’œil nu. « Son intensité sera plus forte que celui de début février, mais en ressenti visuel, ce ne sera pas aussi perceptible », ajoute le spécialiste, qui précise que c’est dans le Vercors que le ciel sera le plus teinté.

Ce phénomène est-il dangereux ?

Si certains internautes se réjouissaient des photos qu’ils avaient pu faire début février, le chercheur met en garde : plus l’intensité est forte, plus ces poussières désertiques peuvent avoir un impact sur la qualité de l’air, et donc sur la santé. Dans l’atmosphère, ce phénomène peut se traduire par une forte élévation des taux de particule PM10, en suspension dans l’air. Ces particules fines, très fines et ultrafines, dites « respirables », peuvent pénétrer dans les bronches. « En raison d’un import de poussières d’origine désertique, les niveaux de particules fines pourraient localement fortement augmenter », met en garde Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, chargée de la surveillance de la qualité de l’air dans la région. Pour connaître la qualité de l’air dans votre région, vous pouvez consulter le site Atmo France.