Bretagne : La FRSEA conteste la validité des tests des « pisseurs » de glyphosate

ENVIRONNEMENT Le syndicat agricole dénonce « la manipulation » menée par les associations environnementales sur la question du glyphosate

J.G. avec AFP

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This picture taken on September 09, 2019, shows a bottle of weedkilling containing glyphosate in Lille, northern France. (Photo by DENIS CHARLET / AFP)
This picture taken on September 09, 2019, shows a bottle of weedkilling containing glyphosate in Lille, northern France. (Photo by DENIS CHARLET / AFP) — AFP
  • La FRSEA Bretagne conteste la validité des tests utilisés par des associations environnementales pour analyser le taux de glyphosate présent dans les urines de « pisseurs » volontaires.
  • Le syndicat agricole estime que les associations mènent une campagne de « manipulation ».
  • Malgré la promesse d’Emmanuel Macron de le bannir, le glyphosate est toujours autorisé en Europe jusqu’au moins fin 2022.

Les tests Elisa utilisés par des associations environnementales pour analyser le taux de glyphosate présent dans les urines de « pisseurs » volontaires sont-ils fiables ? Non, selon la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA) de Bretagne, qui estime qu’il y a « une surévaluation de détection flagrante » de la présence du glyphosate avec ces tests Elisa.

Le syndicat s’appuie sur les travaux du pharmacien toxicologue Joël Guillemain, pour qui « le seul test qui permette de se prononcer est le test par chromatographie ». Lors d’un point presse organisé mardi, le scientifique a présenté une analyse de la « quasi-totalité de la littérature scientifique ou grand public sur le sujet », soit 52 études au total consacrées à ces tests de détection du glyphosate, soit par Elisa soit par chromatographie. « Il y a une distorsion de résultats entre Elisa », un test initialement conçu pour l’eau et dont l’utilisation a été élargie à l’urine, a-t-il rappelé, « et les tests par chromatographie ». « Tout résultat positif au glyphosate devrait être confirmé par une méthode alternative », selon lui.

« Le test Elisa est une supercherie »

Le responsable de la commission phytosanitaire à la FRSEA, Jean-René Menier, agriculteur dans le Morbihan, a expliqué s’être rendu au centre hospitalier de Vannes en 2019 avec d’autres collègues pour se faire tester. « Au CH, on nous a dit : "il y a un seul vrai test, c’est la chromato". J’avais utilisé du glyphosate 48 heures plus tôt, et, en fin de compte, j’étais à zéro glyphosate dans les urines », a-t-il dit. « Je me pose la question de la différence entre objectivité et manipulation » dans les campagnes de presse menées contre le glyphosate, a expliqué Jean-René Menier, appuyé par d’autres intervenants syndicaux dénonçant la « manipulation » selon eux menée par les associations environnementales sur ces tests au glyphosate.

« On veut démontrer que, sur un dossier scientifique comme celui-là, il ne faut pas prendre de décision à la légère », a affirmé un autre représentant de la FRSEA, considérant que « le test Elisa est une supercherie ». Bannir le glyphosate, ce serait la porte ouverte à plein d’autres produits sans doute plus toxiques », a-t-il estimé.

L’autorisation de l’herbicide en Europe court jusqu’à fin 2022

Fin 2020, Emmanuel Macron avait reconnu ne pas avoir réussi à tenir sa promesse de sortir en trois ans du glyphosate, une sortie réclamée de longue date par les associations en raison de ses effets avancés sur les insectes et les écosystèmes.

L’Elysée avait fait savoir que le président souhaitait porter la question au niveau européen, où pour l’instant seul le Luxembourg s’est engagé à se passer du glyphosate d’ici fin 2020. L’autorisation actuelle du glyphosate dans l’Union européenne court jusqu’à fin 2022.