Italie : Un procès s’ouvre pour pollution plastique en mer, une première dans le pays

JUSTICE Les huit personnes jugées risquent jusqu’à 15 ans de prison dans le cadre d’une loi italienne promulguée en 2015

20 Minutes avec agence

— 

Illustration d'une station d'épuration.
Illustration d'une station d'épuration. — © Fabrice ELSNER

Le premier procès pour rejet en mer de matière plastique polluante de l’histoire de l’Italie a débuté ce lundi. Huit personnes comparaissent pour leur responsabilité dans des faits survenus à Salerno, au sud de Naples, en février 2018.

À la suite d’un dysfonctionnement, une station d’épuration avait déversé en Méditerranée des millions de petits filtres circulaires en plastique, indique FranceInfo. Les mis en cause sont des membres de l’équipe municipale en place à l’époque et des employés de Veolia, en charge des travaux de la station d’épuration.

Des plages encore polluées aujourd’hui

Ils encourent jusqu’à 15 ans de prison. La loi qu’ils auraient enfreinte est entrée en vigueur en 2015 et personne en Italie n’a encore été condamné pour ce délit. « C’est le premier procès après 30 ans de combat pour obtenir une loi sur l’environnement », s’est félicitée Maria-Teresa Imparato, présidente de la Ligue de l’environnement de la région, qui qualifie ce procès de « victoire ».

Les filtres rejetés en mer s’étaient échoués par centaines de milliers sur les plages de la Campanie. Les morceaux de plastique avaient également dérivé et atteint les côtes françaises et tunisiennes.

Trois ans après l’accident, de petits disques continuent à apparaître sur les plages de l’île d’Ischia, à proximité de Naples, où se trouve une aire marine protégée. « On va peut-être en retrouver pendant vingt ans ! », déplore le directeur du site Antonino Miccio, cité par FranceInfo.