Loire-Atlantique : La suspension des éoliennes de Nozay, accusées de tuer des vaches, préconisée

ENVIRONNEMENT Un rapport public préconise un arrêt total pendant dix jours du parc éolien de Loire-Atlantique

20 Minutes avec AFP

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Des bovins au pied d'éoliennes, en Haute-Loire (illustration)
Des bovins au pied d'éoliennes, en Haute-Loire (illustration) — JAUBERT/SIPA
  • A Nozay, des éleveurs accusent les éoliennes de causer des problèmes de santé chez leurs vaches.
  • « Seule la réalisation d’un test d’arrêt total du parc dans son acception large permettrait de sortir de la situation actuelle », estime un rapport public.

Moins de lait, des décès de vaches en série, des éleveurs inquiets… Un rapport public préconise un arrêt total pendant dix jours du parc éolien de Nozay (Loire-Atlantique) pour réaliser un « test », après d’importants troubles constatés dans deux élevages de vaches laitières situés à proximité, a-t-on appris mardi.

Depuis la construction fin 2012 du parc des « Quatre Seigneurs », qui compte huit éoliennes de 16MW, deux élevages laitiers « ont connu simultanément des troubles caractérisés par des dégradations importantes de quantité et de qualité du lait produit, des taux de mortalité et des comportements animaux déroutants », rappellent les rapporteurs. Les éleveurs, qui ont déposé plainte contre la société et contre quatre ministres, se plaignent aussi de troubles sur leur santé.

Sortir de l’impasse

« Seule la réalisation d’un test d’arrêt total du parc dans son acception large permettrait de sortir de la situation actuelle », préconisent le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et le Conseil général de l’alimentation (CGAAER). Les auteurs du rapport confirment « la concomitance des troubles intervenus dans les élevages avec la construction du parc éolien », mis en service à l’été 2013. Deux facteurs pourraient selon eux expliquer les nuisances, à savoir des courants électriques vagabonds et la situation hydrogéologique des sous-sols.

Malgré la trentaine d’études réalisées, aucun lien de causalité « clairement établi » n’a été mis en évidence. Pour sortir de l’impasse, ils recommandent un test qui pourrait être réalisé sur trois semaines dont dix jours d’arrêt total du parc et du câble électrique de raccordement au réseau.

Si ce test ne révèle pas de facteur de perturbation précis, « toutes les parties devront reconnaître qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, aucune responsabilité ne peut être imputée », préviennent-ils. Sans attendre, ils recommandent un plan d’accompagnement à la reconversion ou à la relocalisation de ces deux élevages.

D’autres phénomènes en France

Le rapport, qui relève l’existence d’autres « phénomènes a priori comparables » en France, largement médiatisés, préconise aussi la création d’un « observatoire national de veille des dégradations de santé animale (…) en lien supposé avec l’implantation d’infrastructures électriques au sens large en milieu rural ».

En parallèle, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a été saisie pour évaluer l’imputabilité de l’activité du parc éolien sur la santé et le bien-être des animaux. Son rapport est attendu au premier semestre.