Auvergne Rhône-Alpes : La pollution aux poussières du désert désormais finie n’est pas si exceptionnelle

CIEL JAUNE Une partie de la France s'est réveillée sous un ciel jaune orangé samedi. Un phénomène pas si rare qui a fortement touché la région Auvergne Rhône-Alpes

Elisa Frisullo
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Vue depuis la colline de Fourvière à Lyon ce samedi 6 février 2021 marqué par une pollution aux poussières désertiques qui a jauni le ciel sur une partie de la France.
Vue depuis la colline de Fourvière à Lyon ce samedi 6 février 2021 marqué par une pollution aux poussières désertiques qui a jauni le ciel sur une partie de la France. — KONRAD K./SIPA
  • La pollution aux poussières désertiques s’est traduite samedi par un ciel jaune orangé observé dans différentes parties du pays.
  • Cet épisode, dû à des flux violents venus du sud drainant une importante concentration de poussières sahariennes, a pris fin en Auvergne Rhône-Alpes, très fortement touché samedi.
  • Un phénomène pas vraiment exceptionnel…

Un ciel jaune orangé aussi impressionnant qu’angoissant que les habitants d’une partie de la France ont immortalisé en photo. Au lendemain de la pollution aux poussières désertiques qui a envahi l’air d’un large quart sud-est du pays et du sud ouest, l’épisode est presque achevé. En Auvergne Rhône-Alpes, région particulièrement touchée par cet épisode, l’observatoire de la qualité de l’air a enregistré des concentrations en poussières du Sahara à un niveau particulièrement élevé samedi sur différentes stations.

« Cela a engendré des dépassements du seuil d’information et de recommandations pour les personnes sensibles (seuil fixé à 50 µg/m3 en moyenne sur 24 heures) sur plusieurs zones du territoire régional », précise Atmo Rhône-Alpes, qui indique notamment que des concentrations horaires records ont été relevées en de multiples secteurs, jusqu’à 540 µg/m3 dans la vallée de la Maurienne (Savoie). Dans ce département, mais aussi dans l’Ain, cet épisode de pollution a notamment donné lieu à des paysages surréalistes, avec des pistes de ski recouvertes d’une pellicule de sable.

De rares endroits encore concernés ce dimanche

Ce dimanche, vers 1 h du matin, certaines stations relevaient encore des concentrations bien plus hautes que la normale (autour de 100 et 165 µg/m3), mais à 10 h, la majorité des niveaux était redescendue grâce à la pluie qui s’est abattue sur la région ces dernières heures. Des concentrations encore trop élevées de poussières étaient observées en de rares endroits, comme dans la Vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, selon Atmo qui prévoit un retour complet à la normale lundi.

Aussi étrange soit-il, ce phénomène n’est pourtant pas tellement exceptionnel, rappelle l’observatoire indépendant de surveillance de la qualité de l’air. En décembre 2019, Lyon avait connu pendant plusieurs jours l’arrivée massive de poussières venues d’Afrique. Dès vendredi soir, quelques sites de météorologie avaient prévenu des conséquences du Sirocco (un vent saharien très sec, fort et chaud) sur notre pays. « Un puissant flux de sud va se mettre en place vendredi et samedi, donnant des températures printanières mais faisant aussi remonter une importante concentration de poussières sahariennes. Conseil, attendez avant de laver votre voiture ! Des pluies sableuses sont probables samedi ! », indiquait ainsi le site Lyon Météo.

Un impact limité sur la pollution de l’air

La plupart du temps, quand ce phénomène se produit, il n’est pas forcément visible puisque les poussières, en grande quantité dans l’air, sont véhiculées à haute altitude, entre 1 et 5 km, rappelle Atmo Auvergne Rhône-Alpes. « Mais lorsque ces masses d’air parviennent au sol, les concentrations de poussières en suspension peuvent alors être importantes », ajoute l’observatoire.

Mais les conséquences sur la qualité de l’air et par extension sur notre santé seraient limitées. « Du fait de leur diamètre important, ces particules ont moins de facilité à pénétrer dans les organismes que les poussières plus petites issues de phénomènes de combustion (chauffage au bois ou des émissions automobiles) », estime Atmo, rappelant toutefois qu’en quantité importante, elles peuvent entraîner une gêne respiratoire sur les publics fragiles.