Néonicotinoïdes : Un retour autorisé pour 120 jours

AGRICULTURE L'arrêté autorisant son utilisation est paru samedi au Journal officiel

20 Minutes avec AFP

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Néonicotinoïdes: Agriculteur récoltant une parcelle de betteraves touchée par la jaunisse de la betterave dans les plaines céréalières de Champagne Ardenne.
Néonicotinoïdes: Agriculteur récoltant une parcelle de betteraves touchée par la jaunisse de la betterave dans les plaines céréalières de Champagne Ardenne. — Gutner/SIPA

Une autorisation valable cent vingt jours de mise sur le marché et utilisation de semences de betteraves à sucre enrobées d'insecticides néonicotinoïdes, malgré leur incidence négative sur la biodiversité, a été délivrée par le gouvernement dans un arrêté paru samedi au Journal officiel (JO).

L’arrêté, qui « entre en vigueur au lendemain de sa publication au Journal officiel », stipule que « la mise sur le marché et l’utilisation de semences de betteraves sucrières traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant les substances actives imidaclopride ou thiamethoxam sont autorisées pour une durée de cent vingt jours à compter de l’entrée en vigueur du présent arrêté ».

Des conditions d’emploi précisées

Le texte prévoit des conditions d’emploi strictes, pour protéger insectes pollinisateurs, oiseaux et mammifères sauvages, eau et environnement. Il précise en outre quelles cultures pourront être semées, plantées ou replantées, après une culture de betteraves traitées en 2021.

Sur les parcelles concernées, les cultivateurs pourront planter de l’oignon, du blé ou de l’avoine à partir de la campagne 2022, mais devront attendre 2023 pour la pomme de terre et 2024 pour le colza ou le tournesol par exemple. Dans un communiqué, la Confédération générale des producteurs de betterave s’est « réjoui » de cette réautorisation mais « déplore les fortes restrictions imposées sur les cultures suivantes », qui auront selon elle un impact sur « les bonnes pratiques agronomiques ».

Feu vert du Conseil constitutionnel

« Cette situation appelle un renforcement des connaissances scientifiques sur le lien entre agriculture et biodiversité », déclare-t-elle encore, se félicitant en outre de « la mise en oeuvre prochaine du dispositif d’indemnisation des pertes subies à cause de la pandémie ».

Le 10 décembre, le Conseil constitutionnel avait donné son feu vert à une loi qui stipule que « jusqu’au 1er juillet 2023, des arrêtés conjoints des ministres chargés de l’agriculture et de l’environnement […] peuvent autoriser l’emploi de semences traitées » avec des produits contenant des néonicotinoïdes « dont l’utilisation est interdite en application du droit de l’Union européenne ou du code rural et de la pêche maritime ».

Plus basse récolte de betteraves depuis trente ans

La récolte de betteraves à sucre a chuté de 30 % en France en 2020 par rapport à celle de la moyenne des cinq dernières années, tombant au plus bas depuis plus de trente ans, après l’invasion d’un puceron vert vecteur de la jaunisse, que des traitements insecticides foliaires n’ont pas permis de résorber en l’absence de semences enrobées.

La France est le premier producteur en Europe de sucre et de bio-éthanol. La filière betterave-sucre française concerne 25.000 agriculteurs et génère 46.000 emplois directs.