Un ours brun comme ceux qui vivent dans les Pyrénées. Illustration.
Un ours brun comme ceux qui vivent dans les Pyrénées. Illustration. — Ducan Usher - Solent News - Sipa

BIODIVERSITE

Pyrénées : Non, on ne peut pas tirer (même à blanc) sur les ours pour les effaroucher, tranche la justice

Le Conseil d’Etat a suspendu l’expérimentation de l’effarouchement « renforcé » des ours des Pyrénées qui autorisait depuis 2019 les tirs non létaux

Des sifflets et des cornes de brume pour effrayer les ours des Pyrénées et protéger les troupeaux, soit. Mais des tirs de balles en caoutchouc, c’est non. Dans une décision rendue jeudi, le Conseil d'Etat​ a annulé la possibilité de recourir à des tirs non létaux pour apeurer les plantigrades.

Cette nouveauté, appelée « l’effarouchement renforcé » avait été autorisée dans le massif par arrêté ministériel en juin 2019, et « à titre expérimental ». Depuis, une brigade d’effaroucheurs, dûment formés, pouvait venir épauler les bergers et procéder à ces fameux tirs pour éloigner les ours.

Trois ours tués en 2020

La plus haute juridiction administrative, considère qu’on ne peut recourir à ce procédé « sans encadrer davantage ses conditions de mise en œuvre » et en ne s’assurant pas notamment qu’il ne porte pas atteinte « au maintien des populations concernées dans leur aire de répartition naturelle ». Le Conseil d’Etat pense qu’il y a un risque de compromettre « l’amélioration de l’état de l’espèce ».

« Nous allons bien entendu appliquer cette décision et travailler sur la stratégie globale d’effarouchement sur cette base », a réagi le ministère de la Transition écologique. Il faut trouver « les conditions de la coexistence entre ours et activités humaines, dont le pastoralisme », ajoute-t-il.

« Nous allons bien entendu appliquer cette décision et travailler sur la stratégie globale d’effarouchement sur cette base », a réagi le ministère de la Transition écologique. Il faut trouver « les conditions de la coexistence entre ours et activités humaines, dont le pastoralisme », ajoute-t-il.

Cette victoire juridique des associations pro ours (Ferus ou Adet-Pays de l'ours par exemple), arrive au moment où un autre front de bataille s’ouvre dans les Pyrénées. Trois ours ont été tués en 2020 dans les Pyrénées : Cachou, empoisonné en Aragon, Sarousse, abattue par un chasseur espagnol, et une ourse mystère tuée par balle(s) en Ariège. Une dizaine d’associations exigent, conformément aux accords européens sur la protection de l’espèce, leur remplacement rapide. Dans le cas contraire, elles menacent d’engager de nouvelles poursuites contre l’Etat.