Toulouse : Pourquoi de nouveaux capteurs de bruit entrent-ils en service autour l’aéroport ?

POLLUTION SONORE Six nouveaux capteurs, « indépendants », mesurent depuis peu le bruit des avions qui atterrissent à l’aéroport Toulouse-Blagnac ou en décollent. L’arrivée de ces données en « open source » est saluée par les riverains

Hélène Ménal
— 
Le passage d'un avion au-dessus d'une habitation. Illustration.
Le passage d'un avion au-dessus d'une habitation. Illustration. — Mario Fourmy - Sipa
  • Le centre de contrôle Bruitparif s’exporte à Toulouse où il vient de déployer six nouveaux capteurs de bruit pour mesurer les nuisances de l’aéroport.
  • Financé par la Région et le Département, ce nouveau dispositif réjouit les riverains.
  • Ils ne disposaient jusqu’ici que des données des six capteurs du dispositif Sentinelle, géré par l’aéroport lui-même.

Le débat sur les nuisances sonores du très urbain aéroport Toulouse-Blagnac fait partie du bruit de fond de la Ville rose​ depuis une vingtaine d’années. Jusqu’à présent, il n’était alimenté en données techniques que par les six capteurs du réseau Sentinelle, géré par la plateforme elle-même. « Je ne veux pas jeter la suspicion sur ce système, mais, on ne nous donne que les chiffres qu’on veut bien nous donner, l’aéroport est juge et partie », rappelle Chantal Demander, la présidente du Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine (CCNAT).

Pour discuter « cohabitation », la pourfendeuse de bruit va bientôt pouvoir mettre fin à cette « anomalie » et poser sur la table d’autres données objectives, d’autres courbes de décibels. Celles des six capteurs déployés le 18 décembre dernier, à Daux, Aussonne, Ramonville, Croix-de-Pierre, ou encore du côté de l’université Jean-Jaurès et du CHU de Purpan. Un dispositif « indépendant », financé par le conseil régional et le conseil départemental, et confié à Bruitparif, un centre d’évaluation autonome dont le sérieux est reconnu.

« C’était bien un avion, je ne suis pas fou »

Les données des nouveaux capteurs toulousains sont déjà consultables, en open source et en temps réel, sur une plateforme. Alors bien sûr, il faut être un militant antibruit de longue date ou un riverain particulièrement traumatisé, maîtriser le vent d’Autan aussi, pour comprendre la finesse des données, faire le tri.

« Les gens vont s’habituer et comprendre petit à petit et nous allons essayer de publier une vidéo explicative, mais dans un premier temps la plateforme permet de vérifier, de dire "c’était bien un avion, je ne suis pas fou" », souligne Jérôme Favrel, l’ingénieur du CCNAAT. Les passages, les horaires, sont en effet faciles à identifier, tout comme leurs niveaux de bruit par rapport aux différents seuils préconisés, notamment celui de l’Organisation mondiale de la Santé.

L’effet boomerang du confinement

« On peut déjà voir que de vieux Boeing bien bruyants volent la nuit », relève Chantal Demander. Elle note aussi que le calme relatif que provoque la crise sanitaire dans le ciel toulousain est une bonne période pour le rodage et réglage des capteurs de Bruitparif. D’ailleurs l’apathie forcée du transport aérien n’a pas fait baisser le nombre de plaintes des riverains. « Ils se sont tellement habitués au silence pendant le premier confinement que, pour certains, le moindre passage devient insupportable », explique la présidente du CCNAT.

Contacté par 20 Minutes, l’aéroport Toulouse-Blagnac ne commente pas pour l’instant l’arrivée du dispositif.