Climat : La France pourrait connaître deux mois de canicule et 50 degrés l'été d'ici 2100, alerte un rapport de Météo France

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE Des projections de Météo France, dévoilées par « Le Monde » laissent imaginer d’ici 50 à 80 ans une France où les nuits seraient tropicales et les étés étouffants

O. G.

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Fretin, le 15 novembre 2019. Les marais de Fretin.
Fretin, le 15 novembre 2019. Les marais de Fretin. — M.Libert / 20 Minutes

C’est un rapport qui fait froid dans le dos. Météo France publie ce lundi de nouvelles projections sur la météo à l’horizon 2070/2100. Rapport que Le Monde dévoile en exclusivité et qui alerte, une fois de plus, sur le danger de notre trajectoire sur les rejets de gaz à effet de serre.

Météo-France dresse trois scénarios : un premier, particulièrement optimiste, qui imagine une France qui atteindrait la neutralité carbone vers 2070. Deuxième hypothèse, moins ambitieuse : les émissions poursuivent leur course avant un freinage à partir de 2050. Enfin, dernier scénario : rien de change. Et sans surprise, nous risquons quelques suées froides : la température augmenterait dans ce dernier cas de l’ordre de 3,9 °C par rapport à la période de référence 1976-2005. En clair, il pourrait faire +6 ° l’été selon certaines simulations.

Des canicules plus chaudes et plus longues

Et ce n’est pas tout. Quoiqu’il arrive, les canicules vont se multiplier et s’intensifier. Reste à savoir dans quelle mesure. Selon ce rapport, le nombre de jours de vague de chaleur serait multiplié par deux dans le scénario le plus optimiste, par trois à quatre dans le scénario intermédiaire et par cinq à dix dans le scénario le plus pessimiste.

Ces hypothèses laissent supposer que sur l’arc méditerranéen, la vallée du Rhône et la vallée de la Garonne, par exemple, nous puissions connaître des canicules de deux mois à 50°… Conséquences : les nuits tropicales s’installeraient en France. Dans le pire des cas, le thermomètre afficherait plus de 20 degrés jusqu’à 90 nuits par an.

Plus de pluies l’hiver, moins l’été

Cette modification de la météo aurait également un impact sur les pluies. « Les projections simulent des cumuls en légère hausse à l’échelle de la métropole : entre + 2 % et + 6 % selon les horizons et les scénarios, résume Le Monde. Cette moyenne annuelle, assortie de fortes incertitudes, masque une grande différence entre les saisons, avec une hausse de la pluviométrie l’hiver (+ 9 % à + 20 %) et une baisse l’été, jusqu’à − 22 % en fin de siècle dans un scénario d’émissions incontrôlées. » Ce qui laisse supposer des sécheresses et difficultés pour l’agriculture et milieux naturels…

« Ce rapport montre bien la vulnérabilité de la France au changement climatique. Il présente des températures un peu plus élevées que les précédentes projections, ainsi qu’une baisse des précipitations plus marquée sur le sud du pays », synthétise le climatologue Jean Jouzel interrogé par Le Monde. Un nouvel appel à modifier en profondeur notre mode de vie… et à reprendre en intégralité les propositions de la convention citoyenne sur le climat.