Rennes : Oui, le bois brûlé dans la centrale Dalkia est bien local

ENERGIE Des doutes existaient quant à la provenance de la matière brûlée par la centrale biomasse qui chauffe les quartiers sud de Rennes

Camille Allain

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La centrale de cogénération biomasse exploitée par Dalkia fournit une partie du chauffage et de l'électricité de Rennes grâce au bois.
La centrale de cogénération biomasse exploitée par Dalkia fournit une partie du chauffage et de l'électricité de Rennes grâce au bois. — C. Allain / 20 Minutes
  • La centrale de cogénération biomasse de Rennes fournit électricité et chauffage aux quartiers sud de Rennes depuis 2013.
  • Plusieurs sources mettaient en doute l'approvisionnement local de Dalkia, filiale d'EDF qui exploite la centrale.
  • L'exploitant assure que le rayon de 100 km autour de Rennes est respecté et que la ressource locale est privilégiée. 

Les doutes étaient permis, tant la communication était discrète. Après avoir refusé notre demande d’interview en octobre, les responsables de Dalkia ont finalement accepté de répondre à nos questions sur l’approvisionnement de leur centrale biomasse de Rennes. Installée au bord de la rocade sud, l’usine voit sa cheminée cracher une légère fumée blanche depuis plusieurs semaines. En cette période hivernale, la centrale brûle du bois pour fournir du chauffage à l’équivalent de 20.000 foyers des quartiers sud de Rennes. Un choix écologique par son approvisionnement durable, mais aussi économique puisqu’il permet de se détacher du prix fluctuant du gaz importé. Sur le papier, le tableau dressé par la filiale d’EDF semblait idyllique. En fin d’année, plusieurs voix se sont pourtant élevées pour demander à l’exploitant des garanties sur l’origine du bois brûlé.

Le contrat signé en 2013 avec l’État était clair. Tout le bois brûlé dans la centrale devait provenir d’une zone géographique située dans un rayon de 100 kilomètres autour de l’usine. Un engagement que plusieurs sources mettaient en doute. D’après le rapport annuel transmis en 2019 par la filiale d’EDF à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), « 100 % de l’approvisionnement était inscrit dans le rayon des 100 km en 2019 ». Ce chiffre était atteint pour la seconde année consécutive, après un exercice 2017 bouclé à 99,7 %. Pendant les trois premières années d’exploitation de l’usine de cogénération, qui fournit chauffage et électricité, le chiffre était de 96,6 %, selon ce même rapport.

« Transporter du bois, le stocker… Tout ça coûte très cher »

Au-delà de ce rapport écrit remis à l’État, la DREAL mène chaque année des visites sur site afin de vérifier la provenance et la qualité de la matière brûlée sur place. « Dalkia respecte le cahier des charges, il n’y a pas à en douter », précise-t-on. Ces propos sont confirmés par le directeur de la centrale Frédéric Blandin. « Depuis l’ouverture du site, tout est contrôlé. Notre plan d’approvisionnement est déposé en préfecture et a toujours été validé ». Le directeur précise que Bois Energie France, la filiale d’EDF chargée de l’approvisionnement « privilégie toujours la ressource la plus proche. Transporter du bois, le stocker… Tout ça coûte très cher ». De janvier à juillet 2020, la moyenne d’approvisionnement était de 46 kilomètres et 86 % de la ressource provenait d’un rayon de moins de 75 kilomètres.

Avec 109.800 tonnes brûlées en 2019, soit vingt camions par jour, la chaufferie rennaise est de loin la plus importante de Bretagne. D’après son directeur, son ouverture en 2013 aurait permis à la filière bois de se pérenniser. « Quand on a commencé, les forestiers n’étaient pas du tout organisés. En leur fournissant un contrat longue durée, on leur a permis d’investir dans du matériel. Produire de la plaquette, ça coûte cher », explique Frédéric Blandin. Pour gagner en transparence, le directeur du site souhaite ouvrir davantage son usine aux visiteurs, quand la situation sanitaire le permettra.