Pas-de-Calais : Bilan peu convaincant de la chasse aux navires pollueurs par drone

POLLUTION Pendant trois mois, un drone ultra-sophistiqué a survolé le détroit du Pas-de-Calais à la recherche d’éventuelles pollutions émises par les navires

Mikaël Libert

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Le drone de l'AESM survolera le détroit du Pas-de-Calais pendant trois mois.
Le drone de l'AESM survolera le détroit du Pas-de-Calais pendant trois mois. — Nordic Unmanned
  • Un drone a survolé le détroit du Pas-de-Calais entre septembre et décembre 2020.
  • Il devait aider à la détection des pollutions à l’oxyde de soufre de la part des navires.
  • Sur 14 infractions potentielles, aucune n’a pu être confirmée par les inspections au port.

Laisser sa chance au produit. Entre fin septembre et mi-décembre, une expérimentation a été menée au-dessus du détroit du Pas-de-Calais visant à détecter les navires pollueurs à l’aide d’un drone. Le ministère de la Mer a livré, ce vendredi, le bilan de cette opération qui n’a débouché sur aucune sanction à l’encontre d’éventuels fraudeurs. Pour autant, l’institution avance des « résultats encourageants » et la reconduction de l’expérimentation au printemps prochain.

Comme 20 Minutes l’avait expliqué le jour du lancement de l’expérimentation, il s’agissait de faire voler un drone de type Schiebel Camcopter S-100 au-dessus des navires croisant dans le détroit afin que les capteurs de l’engin analysent les émanations de fumées. L’équipement du drone permet en effet de détecter et de mesurer l’oxyde de soufre dans le panache des gaz d’échappement des navires. L’idée étant de savoir si le carburant utilisé par les bateaux est conforme avec les normes en vigueur dans ce couloir maritime considéré comme l’un des plus fréquentés au monde.

Aucune infraction n’a pu être confirmée

Le drone à fait le job en survolant et mesurant le taux de soufre dans les fumées de 65 navires de commerce au cours des trois mois de l’expérimentation. Parmi ces 65 navires, 14 « ont été estimés potentiellement en infraction, et 11 d’entre eux ont pu être inspectés au prochain port d’escale », assure le ministère de la Mer. Car oui, les données récoltées par l’engin ne suffisent pas à caractériser l’infraction. Cela ne peut être fait que par des inspecteurs après une visite du bateau mis en cause.

Et c’est peut-être là que le bât blesse. Selon les autorités, les contrôles au port n’ont pas pu permettre de confirmer les infractions. Sur aucun des 11 navires suspectés. Interrogé à ce sujet par 20 Minutes, le ministère de la Mer n’a pas donné suite. Au contraire, l’institution estime « encourageants » les résultats obtenus, notamment en termes d'« enseignements technico-opérationnels sur l’emploi d’un drone » et pour le ciblage des navires à inspecter. Il a d’ailleurs été décidé de renouveler l’opération, toujours au départ du Centre opérationnel de secours et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez, au printemps 2021.