Anaëlle Marot présente à Marseille le seule en scène "Tout sur ma mer"
Anaëlle Marot présente à Marseille le seule en scène "Tout sur ma mer" — Yann Arthus-Bertrand

INITIATIVE

Marseille : Après l’été en kayak pour alerter sur les déchets en Méditerranée, la voici seule en scène avec « Tout sur ma mer »

Après avoir ramassé des déchets tout l'été en Méditerannée, Anaëlle Marot veut transmettre son énergie positive

  • Sur le mode des conférences gesticulées, Anaëlle Marot a imaginé le seule en scène « Tout su ma mer » qu’elle veut faire tourner dans les collèges, lycées et entreprises.
  • Elle y raconte l’aventure de cet été, où elle a parcouru 1.000 km à vélo et kayak pour ramasser des déchets en Méditerranée. Son objectif : sensibiliser, encore et encore.

Sur la scène du théâtre de l’Œuvre, à Marseille, elle a eu le même sentiment de se jeter à l’eau. Sauf que cette fois, Anaëlle Marot n’était pas avec son kayak, ni même sa jupe de kayak comme a pu la photographier Yann Arthus-Bertrand, mais avec son chapeau à la Indiana Jones. L’exploratrice dans l’âme vient de présenter pour la première fois au public son seule en scène « Tout sur ma mer », où elle raconte le périple de cet été dans le cadre du Projet Azur : 1.000 km à vélo et en kayak en Méditerranée pour organiser, à travers les associations, des ramassages qui ont permis de sortir de l’eau et des plages 3,5 tonnes de déchets.

Avec elle, on voit les oiseaux pleins de plastique, les mammifères marins obstrués, « toutes les soupes de plastique » sur l’eau. On partage sa galère quand, la veille du départ ou presque, un sponsor la lâche à cause du Covid. La voilà sans kayak. En quelques heures, elle en trouve un autre, de compétition. Il est bien plus technique pour passer deux mois sur l’eau, mais aussi bien plus difficile à naviguer pour elle qui se dit « pas particulièrement sportive ». Elle a dû apprendre à le manœuvrer en quelques heures.

Anaëlle Marot sur la scène du Théâtre de l'Œuvre à Marseille
Anaëlle Marot sur la scène du Théâtre de l'Œuvre à Marseille - Frédéric Munsch

« Tout n’est pas foutu ! »

A 27 ans, Anaëlle Marot joue son propre rôle mais ne se contente pas des anecdotes. Elle partage aussi toutes les connaissances qu’elle a acquises, rappelant au passage que « 80 % des déchets de la mer viennent de la terre ». Son idée reste encore, et toujours, de sensibiliser sur le sujet sans culpabiliser. « Je veux surtout transmettre de l’énergie positive. C’est pas vrai, tout n’est pas foutu, il y a tellement de solutions pour recycler, ramasser les déchets. Il faut qu’on se bouge, chacun peut s’y mettre. » Voici en substance le message qu’elle veut délivrer devant son public.

« L’hiver, je ne peux pas entrer avec mon kayak dans les collèges, les lycées et les entreprises », rigole-t-elle. Alors, elle a imaginé ce format de la « conférence gesticulée », qu’elle a découvert en regardant Franck Lepage, en particulier sa « langue de bois décryptée avec humour ». « Ce n’est pas comme au stand-up, avec une façon de parler et des rires toutes les trente secondes, explique la metteuse en scène, Isabelle Sers, avec qui elle a écrit et travaillé ce seule en scène. Le principe est de partir d’un sujet sérieux et de mélanger les savoirs chauds (les situations vécues, les anecdotes) et les savoirs froids (les faits, les données scientifiques), sur fond d’autodérision et d’humour. En plus d’être aventurière, Anaëlle est bonne comédienne. C’est vraiment du spectacle ! »

Bientôt la Loire

« Le plus difficile, c’est d’apprendre le texte », sourit Anaëlle, qui prend un plaisir manifeste à partager son aventure sur scène. Des dates sont déjà prévues dans les festivals Arles se livre (le 18 février) et Escales voyageuses à Avignon (le 27 mars), où elle vit actuellement. Elle en espère d’autres, aussi dans les établissements scolaires et les entreprises. Avant de repartir cet été pour une nouvelle aventure : « Je vais cette fois monter et descendre la Loire, de Saint-Nazaire au Mont-Gerbier, toujours à vélo et en canoë et avec la même idée d’organiser des ramassages tous les dimanches avec le maximum de monde et d’associations locales. » Voilà qui devrait nourrir, pourquoi pas, la suite de « Tout sur ma mer ».