Gironde : Comment la start-up Sencrop séduit de plus en plus de viticulteurs avec ses capteurs météo

TECHNOLOGIE La start-up lilloise a déjà installé quelque 500 capteurs dans l’ensemble de la Gironde

Mickaël Bosredon

— 

Les stations météo Sencrop permettent aux viticulteurs de réduire les doses de produits phytosanitaires dans le traitement de la vigne.
Les stations météo Sencrop permettent aux viticulteurs de réduire les doses de produits phytosanitaires dans le traitement de la vigne. — Sencrop
  • Ces capteurs météo placés dans les parcelles de vigne, permettent d’anticiper les épisodes de gel ou de grêle, et surtout d’affiner les traitements en produits phytosanitaires.
  • Ces capteurs peuvent fonctionner en réseau, les viticulteurs pouvant partager les informations entre eux lorsque leurs parcelles sont situées à proximité les unes des autres.
  • Quelque 1.700 capteurs ont été installés sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine.

Anticiper les risques de gel, intervenir plus rapidement pour lutter contre les maladies… « Avec la précision des données, on peut également agir sur telle ou telle zone, et plus forcément sur l’ensemble du domaine » assure ce vigneron. Les viticulteurs bordelais adoptent de plus en plus la solution de stations météo développée par la start-up lilloise Sencrop.

Lancée en janvier 2016, Sencrop revendique aujourd’hui la place de leader français des capteurs météo en faveur de l’agriculture et de la viticulture. Forte de 80 salariés, elle se développe même dans l’ensemble de l’Europe occidentale.

Maillage territorial

En Gironde, quelque 500 stations ont déjà été installées, dont 80 rien que chez les viticulteurs du Médoc. Sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine, 1.700 stations équipent désormais agriculteurs et viticulteurs. Un tel maillage territorial permet aux vignerons d’utiliser les capteurs de leurs voisins, les professionnels partageant ainsi les informations entre eux.

Les capteurs de Sencrop offrent des données plus fines que celles proposées par les applications météo classiques. « Les capteurs sont des instruments de mesure, alors que les solutions que vous trouvez sur des applis sont des instruments de modélisation, ce qui ne donne pas la même précision, explique le responsable commercial de Sencrop Nicolas Maupu. Notre solution permet au viticulteur de prendre des bonnes décisions au quotidien dans ses parcelles, sachant que la météo est une donnée capitale, et que c’est vraiment très local. Dans un même cercle de quelques kilomètres il peut y avoir des variations qui changent absolument tout. »

Le coût de la station de l’ordre de 600 euros

Dans le Médoc, le château Blaignan a équipé son domaine de 103 ha d’une station Sencrop. Le responsable d’exploitation, Boris Diallo explique qu’elle lui permet « d’avoir des prévisions météo ultra-précises, ainsi que de conserver un historique précis de la pluviométrie ou du vent » sur son vignoble. « Cela me permettra de montrer quel traitement j’ai appliqué tel jour, avec tel vent, ce qui est important pour montrer que je respecte bien la réglementation. » Le responsable d’exploitation estime toutefois que « c’est surtout un outil d’aide à la décision pour positionner au mieux tel traitement. Cela m’évite par exemple de traiter trop tôt dans la journée s’il y a trop d’humidité, c’est-à-dire à un moment où les produits risquent de ne pas adhérer et d’être lessivés. » Le coût de la station est de l’ordre de 600 euros, auquel il faut rajouter un abonnement qui varie entre 79 euros et 229 euros par an.

Responsable de la nouvelle-Aquitaine chez Sencrop, Damien Philipon précise que la start-up « équipe les viticulteurs en direct, ou des groupements viticoles, qui vont mailler un territoire et partager l’ensemble des informations » à leurs adhérents.