Climat : En 2020, des catastrophes naturelles toujours plus coûteuses

METEO Le montant colossal des dommages reflète l'impact grandissant du réchauffement climatique

20 Minutes avec agences

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La tempête Alex, illustration
La tempête Alex, illustration — Daniel Cole/AP/SIPA

Les dix catastrophes météo les plus coûteuses de 2020 ont presque atteint les 150 milliards de dollars de dommages assurés. Ce chiffre est plus important qu’en 2019 et reflète l’impact grandissant du réchauffement climatique, selon une ONG britannique. Ces dix catastrophes ont fait également 3.500 morts et ont déplacé plus de 13,5 millions de personnes, selon le rapport annuel de Christian Aid.

Des méga-feux qui ont ravagé l’Australie aux ouragans en série dans les Caraïbes, le véritable coût des événements climatiques extrêmes de 2020, renforcés par le réchauffement, est en réalité bien plus élevé, la plupart des dommages n’étant pas assurés, insiste l’ONG. Et sans surprise, les pays pauvres ont payé le prix le plus lourd, avec seulement 4 % des pertes économiques causées par les événements météo extrêmes assurées, contre 60 % dans les pays riches, selon le rapport qui cite une récente étude publiée dans The Lancet.

Des moussons ravageuses

Les catastrophes météo ravageaient bien sûr la planète avant l’entrée en scène des dérèglements climatiques provoqués par les humains, mais la hausse de la température d’au moins 1,1°C depuis le début de l’ère industrielle augmente leur fréquence et leurs impacts. « Que ce soit les inondations en Asie, les sauterelles en Afrique ou les tempêtes en Europe et en Amérique, le changement climatique a continué à faire rage en 2020 », a commenté Kat Kramer, responsable climat de Christian Aid.

Cinq des plus coûteuses catastrophes de 2020 étaient liées à une mousson particulièrement importante en Asie. « Les inondations de 2020 ont été parmi les pires de l’Histoire au Bangladesh, avec plus d’un quart du pays sous l’eau », a commenté Shahjahan Mondal, climatologue à l’université d’ingénierie et de technologie du Bangladesh.

L’augmentation des catastrophes prévue par les scientifiques

D’autre part, un grand nombre de ces catastrophes ont causé des dégâts d’au moins cinq milliards de dollars, comme le cyclone Amphan dans le golfe du Bengale en mai, les incendies de l’ouest des Etats-Unis pendant l’été et l’automne, ou ceux qui ont ravagé l’Australie en janvier. La saison record pour les ouragans de l’Atlantique, avec une série sans précédent de 30 tempêtes suffisamment puissantes pour être nommées, a elle provoqué au moins 400 morts et 41 milliards de dollars de dégâts aux Etats-Unis, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, selon Christian Aid. Parmi les dommages les plus importants de cette année 2020, l’ONG note aussi deux tempêtes qui ont balayé l’Europe causant un total de 5,9 milliards de dollars de dommages : Ciara au Royaume-Uni et en Irlande en février, et Alex en France et en Italie en octobre.

L’augmentation des catastrophes climatiques correspond aux prévisions des scientifiques. Et les progrès ces dernières années de la science dite « d’attribution » permet désormais d’évaluer combien de fois est plus probable un événement particulier en raison du réchauffement. L’accord de Paris sur le climat prévoit de limiter le réchauffement bien en dessous de 2°C, si possible 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, mais les engagements de réduction de gaz à effet de serre des Etats sont toujours insuffisants pour atteindre ces objectifs.