Nouvelle-Zélande : Un village décide d’éteindre des lampadaires pour sauver des oiseaux

ANIMAUX Quinze lampadaires à LED installés le long d’une portion d’autoroute restent éteints dans le cadre d’un essai afin d’empêcher la mort de jeunes pétrels

20 Minutes avec agence

— 

Un pétrel du Westland.
Un pétrel du Westland. — ARDEA/MARY EVANS/SIPA

Les autorités en charge des transports à Punakaiki (Nouvelle-Zélande) ont décidé d’éteindre une partie de l’éclairage public la nuit pour protéger les oiseaux. Ce village d’une centaine d’habitants avait installé en 2019 des lumières LED que les défenseurs des animaux jugent dangereuses pour les jeunes pétrels du Westland. Quinze lampadaires répartis sur une portion d’autoroute de 3,4 kilomètres sont concernés.

La mesure appliquée à titre d’essai est la première du genre dans le pays, indique The Guardian. Chaque année, en mars, 6.000 pétrels du Westland venus d’Amérique du Sud rejoignent une zone forestière s’étendant sur 8 kilomètres de côte à proximité de Punakaiki. C’est là que ces oiseaux marins se reproduisent. Leur arrivée est même célébrée par un festival local.

L’éclairage perturbe leurs repères

Peu après leur naissance, les poussins apprennent à voler et s’entraînent avant d’entreprendre leur migration vers l’Amérique du Sud. Durant cette période, de nombreux petits sont perturbés par l’éclairage public qui leur fait perdre leurs repères. Ils confondent en effet les lumières artificielles avec le reflet de la Lune dans l’eau, qui les aide habituellement à s’orienter et à repérer les poissons bioluminescents dont ils se nourrissent.

Les jeunes pétrels se posent alors par erreur sur les routes dont ils n’arrivent pas à décoller. Beaucoup d’entre eux sont ensuite écrasés par des voitures ou tués par des prédateurs. Les observateurs de ces oiseaux estiment que les LED ont amplifié le phénomène.

Une mesure qui semble efficace

L’extinction partielle des lampadaires semble avoir porté ses fruits puisque seuls 10 pétrels du Westland se sont écrasés sur les routes depuis janvier 2020, contre 15 à 20 les années précédentes.

Le nombre de décès chez les individus de l’espèce a en revanche augmenté dans la ville voisine de Greymouth. Les autorités locales ont donc demandé aux propriétaires des endroits où ces oiseaux s’étaient écrasés d’éteindre leurs lumières extérieures lorsque c’est possible.