Algues vertes : « On se moque un peu du monde », tacle un maire de la baie de Saint-Brieuc

BRETAGNE Le maire de Hillion a exprimé sa colère lors d’un conseil d’agglomération consacré au ramassage des ulves

C.A.

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Illustration d'algues vertes échouées sur le rivage. Ici le 13 septembre 2020 à Lorient, dans le Morbihan.
Illustration d'algues vertes échouées sur le rivage. Ici le 13 septembre 2020 à Lorient, dans le Morbihan. — C. Allain / 20 Minutes

Les élus du conseil d’agglomération de Saint-Brieuc devaient voter une passation de marché pour le ramassage et le transport des algues vertes dans la baie quand l’épineux sujet environnemental a fait irruption. Lassé de voir le littoral de la commune être souillé par ces ulves, le maire de Hillion (Côtes d’Armor) a pris la parole pour dénoncer la situation. « Lorsque vous vous rendez régulièrement sur les plages de la cinquième baie du monde et que vous voyez ce petit tracteur avec sa petite remorque qui va faire sa journée, vous vous dites qu’on se moque un peu du monde », a taclé le maire, comme le rapporte Ouest-France.

La commune d’Hillion est l’une des plus touchées par les algues vertes. C’est dans cette petite ville bordant la baie qu’un joggeur était décédé en septembre 2016. Son corps avait été exhumé pour être autopsié, sans qu’il soit possible de déterminer exactement les causes de la mort. C’est dans cette même commune que 36 sangliers avaient trouvé la mort en 2011. En 2019, l’anse de Morieux-Hillion concentrait près de 50 % des algues vertes de Bretagne, comme le rappellent les images tournées sur place ci-dessous.

« J’attends d’avantage de l’État que le chèque à la fin de la saison », a taclé le maire Mickaël Hillion, référence à l’aide financière versée par l’État pour le ramassage des algues. Ce dernier estime que les communes se trouvent « seules » face à l’immensité du problème environnemental.

Cette année, les quantités d’algues ramassées sur les plages bretonnes ont baissé de 40 %. Cette chute est avant tout liée à la dispersion des échouages, qui ont frappé de nombreuses vasières ou criques cette année, où les engins ne peuvent intervenir. L’enquête menée par le Centre d’études et de valorisation des algues (CEVA) a montré que les surfaces couvertes par les algues vertes échouées dans les baies seraient inférieures de 6 % à la moyenne pluriannuelle.