Beauvais : Dix tigres saisis à leur dresseur après la plainte d’une association

MALTRAITANCE ANIMALE One Voice avait saisi la justice il y a un an après une enquête qui avait prouvé les conditions déplorables de captivité des félins

20 Minutes avec AFP

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Un des 10 tigres saisis à Beauvais.
Un des 10 tigres saisis à Beauvais. — One Voice
  • Mercredi, dix tigres appartenant à un dresseur de l’Oise ont été saisis par la justice.
  • L’opération découle d’une plainte déposée un an plus tôt par l’ONG One Voice.
  • Détenus à 10 dans un camion, les félins ont été confiés à un parc animalier pour être remis sur pied.

Levée d’écrou. Mercredi, dix tigres ont été saisis par la justice dans le camion-cage d’un dresseur installé près de Beauvais, dans l’Oise. Cette opération a été réalisée dans le cadre d’une enquête ouverte notamment pour «  mauvais traitements » sur des animaux, a-t-on appris auprès du parquet.

Cette enquête préliminaire a été ouverte « suite à une plainte de l’association One Voice relative à des faits de maltraitance animale, tenant notamment aux conditions inadaptées de détention et de garde des animaux », a indiqué à la procureure de la République de Beauvais, Caroline Tharot.

En enquête au long cours de One Voice

Confiée à l’Office français de la biodiversité (OFB), l’enquête est ouverte, entre autres, pour « mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par l’exploitant d’un établissement détenant des animaux », un délit punissable d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende, a-t-elle précisé.

« Les constatations effectuées cet été par l’OFB ont permis de mettre en évidence divers éléments en faveur du délit » précité « mais également des infractions au code de l’environnement […] le mis en cause se livrant notamment à une activité d’élevage et de cession d’animaux sauvages tenus en captivité sans respecter la législation », a ajouté la procureure.

Avant de saisir la justice, l’ONG One Voice avait elle-même « surveillé » et « filmé » les tigres pendant plusieurs mois, révélant l’affaire dans une série de vidéos publiées en janvier sur un site dédié.

« 2 m2 chacun pour 300 kg de masse corporelle »

« Entre les quatre murs d’une usine désaffectée de Picardie », les tigres « étaient enfermés toute l’année dans un camion-cage, sans réelle protection contre les intempéries, avec à peine assez de place pour tourner en rond », soit « 2 m2 chacun pour 300 kg de masse corporelle », écrivait notamment l’association sur ce site.

« Les rares fois où ils en sortaient, c’était pour être soumis et subir une vie de stress, sous la menace du fouet », « montrés » dans des foires, spectacles de cirque ou dans un parc d’attraction tout proche, voire dans des « clips ou photos dans des magazines », selon l’association.

Les tigres « sont en route à bord de deux camions. Notre effectif va passer d’un coup de 20 à 30 félins », a déclaré Pierre Thivillon, directeur du parc animalier de Saint-Martin-la-Plaine, dans la Loire, choisi pour accueillir les animaux en convalescence.

« D’après l’équipe de soigneurs qui les accompagne, la plupart ne sont pas en trop mauvaise santé », s’est réjoui le directeur du parc, habitué à remettre sur pied des animaux sauvages dans le cadre de son association Tonga Terre d’Accueil. « Une fois rétablis », ils sont ensuite redirigés vers des habitats leur étant plus naturels.