Pesticides : Soutien au bio, substances « dangereuses »… Greenpeace appelle les supermarchés à faire beaucoup plus

AGRICULTURE L’ONG de défense environnementale pointe l’insuffisance de certains labels « verts » et encourage les groupes à miser plus sur l’agriculture bio

20 Minutes avec AFP

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Plusieurs enseignes de la grande distribution sont visées par cette nouvelle étude, dont Carrefour.
Plusieurs enseignes de la grande distribution sont visées par cette nouvelle étude, dont Carrefour. — BERTRAND GUAY / AFP

En France, la grande distribution n’en fait pas assez contre les pesticides dans les produits alimentaires, prévient ce jeudi l’association de défense de l’environnement Greenpeace.

Désireuse de « protéger la biodiversité », explique à l’AFP Laure Ducos, experte agriculture et alimentation à Greenpeace France, l’association a lancé en 2015 la « Course zéro pesticide ». Mettant en concurrence sept enseignes de la grande distribution française (Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché, Leclerc, Système U) qui pèsent ensemble environ 85 % des parts de marché en France selon Kantar, le but est de « les encourager à s’attaquer au sujet de l’agriculture écologique ».

Accepter les légumes moches

La grande distribution « doit assumer ses responsabilités et faire évoluer les pratiques agricoles vers un plus grand respect de l’environnement et du bien-être des agriculteurs », explique l’association, pour que « les consommateurs puissent avoir accès à une alimentation sans risque pour la santé et pour la planète ».

Elle demande notamment aux enseignes françaises de réduire l’usage des pesticides « de manière cohérente et ambitieuse », en supprimant l’utilisation des pesticides les plus dangereux pour la santé et l’environnement, augmenter l’offre de produits « labellisés Agriculture Biologique d’origine France », ou de « faire évoluer » les mentalités pour accepter des produits avec de « légers défauts visuels ».

Des labels qui ne vont pas assez loin

L’ONG souligne en outre les imperfections de certains labels ou certifications utilisés : certaines enseignes ont fait « la part belle au Zéro résidu de pesticide (ZRP) », un label qui « ne certifie pas l’absence de l’utilisation de molécules dangereuses pour la santé et l’environnement ».

« Il est possible d’utiliser des molécules laissant moins de traces, mais qui ne sont pas moins dangereuses », explique Laure Ducos, pour qui « les distributeurs veulent aller vers ce label parce qu’il marche auprès des consommateurs », poursuit-elle, appelant à plus de soutien à l’agriculture biologique.

Prudence aussi sur la certification « Haute valeur environnementale », qui n’est qu'« une première étape vers le changement de pratiques » et « ne peut pas constituer une fin en soi, puisqu’elle ne garantit pas une réduction significative de l’usage de pesticides pour toutes les filières ». Début décembre, la Confédération paysanne, syndicat agricole, avait estimé dans un communiqué que cette certification était « un véritable outil de " greenwashing " pour l’agro-industrie et la grande distribution ».