« Je pense qu’il était temps », réagit Nicolas Hulot au sujet du référendum sur le climat

POLITIQUE L’ancien ministre d’Emmanuel Macron applaudit la proposition mais prévient : « le chemin sera compliqué »

Camille Allain

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Le temps d'une photo, Nicolas Hulot a enlevé son masque, lors de sa venue à Rennes le 15 décembre 2020.
Le temps d'une photo, Nicolas Hulot a enlevé son masque, lors de sa venue à Rennes le 15 décembre 2020. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé qu’un référendum sur le climat pour intégrer l’urgence climatique à la Constitution.
  • L’ancien ministre Nicolas Hulot a salué cette initiative lors d’un déplacement à Rennes ce mardi.
  • L’ancien animateur met cependant en garde sur la difficulté de faire avancer ce dossier et attend des moyens financiers.

Un hasard du calendrier. Présent à Rennes au nom de la fondation qui porte son nom pour présenter un nouveau programme de transition écologique bretonne, Nicolas Hulot n’a pas pu esquiver la question sur le référendum pour le climat évoqué par Emmanuel Macron. Dans le flot de réactions politiques, celle de l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire allait être scrutée et il le savait.

« Je pense qu’il était temps », a répondu l’ancien animateur télé. « Il est encore temps, plus que temps de mettre en conformité le droit avec la réalité de notre époque. Sur un plan symbolique, à défaut d’un plan juridique, je pense que c’est très important de mettre au plus haut niveau de la constitution un sujet qui conditionne tout ce qui a de l’importance à mes yeux ».

« Il y a un long chemin de croix pour y parvenir »

Lundi soir, le président de la République avait annoncé qu’un référendum serait organisé pour intégrer la défense du climat et la préservation de l’environnement dans la Constitution si cette réforme était adoptée par le Parlement. Cela faisait partie des 149 propositions des membres de la Convention citoyenne pour le climat.

Cette volonté de consulter le peuple a été bien accueillie par l’ancien ministre du premier gouvernement Philippe. Mais Nicolas Hulot reste sur ses gardes. « A ce stade, je serais de mauvaise foi de ne pas m’en réjouir, j’accueille avec beaucoup d’intérêt cette perspective mais je sais que le chemin sera compliqué. Il y a un long chemin de croix pour y parvenir. Même si le référendum confirme cet objectif, ça n’exonérera pas les parlementaires de le voter ou de ne pas le voter », rappelle le militant écologiste.

« Il y a besoin de faire une démonstration qu’on se donne bien les moyens pour parvenir à nos objectifs »

Celui qui avait quitté son poste de ministre en raison de désaccords majeurs espère que d’importants moyens financiers viendront accompagner ce potentiel changement de constitution.

« Chacun aura pu constater que la France n’est pas au niveau des objectifs et que c’est avant tout une question de moyens. Il y a besoin de faire une démonstration qu’on se donne bien les moyens pour parvenir à nos objectifs, d’autant plus qu’ils viennent d’être révisés à la hausse par l’Union européenne. Les moyens étaient déjà insuffisants, ils le seront d’autant plus si on ne les rehausse pas. Je parle de moyens réglementaires, de moyens juridiques mais évidemment de moyens juridiques et financiers », a lancé Nicolas Hulot.