Projet de loi climat : Emmanuel Macron promet un échange « sans filtre » avec membres de la convention citoyenne

CHANGEMEMENT CLIMATIQUE La loi climat, issue en partie des préconisations des 150 citoyens de la Convention climat, est attendue pour la fin janvier

20 Minutes avec AFP

— 

Emmanuel Macron, le 12 décembre 2020 à Paris.
Emmanuel Macron, le 12 décembre 2020 à Paris. — YOAN VALAT / POOL / AFP

La rencontre est prévue à 17 heures et elle promet d’être animée. Alors qu’Emmanuel Macron doit retrouver ce lundi les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), il promet un échange « sans filtre ».

« Ce sera un moment d’échange, sans filtre, très direct avec les citoyens », a promis le chef de l’Etat, cité ce lundi par le journal Les Echos. La réunion pourrait durer plus de deux heures avec les membres de la CCC qui seront présents au Conseil économique, social et environnemental (Cese) à Paris ou en visioconférence.

Macron promet du concret et de la transformation

« Je veux qu’on fasse un point sur les choses, mais c’est un processus qui va continuer. D’abord parce que les arbitrages ne sont pas terminés et nécessitent d’avoir encore des concertations », a prévenu Emmanuel Macron qui sera accompagné de plusieurs ministres, notamment Barbara Pompili (Ecologie), Julien Denormandie (Agriculture), Emmanuelle Wargon (Logement) et Jean-Baptiste Djebbari (Transports).

Le gouvernement travaille à finaliser le projet de loi climat, attendue fin janvier, qui doit traduire une bonne partie des propositions de la CCC. Cette loi « doit nous permettre (…) de pouvoir être au rendez-vous de nos objectifs 2030 et 2040 », explique le président aux Echos, en soulignant que les citoyens de la CCC ont avancé des propositions « très pratiques, très concrètes et très transformantes ».

Des décisions à prendre

La portée, voire la mise en application, de certaines mesures emblématiques sont en effet encore dans la balance, comme la rénovation énergétique des bâtiments ou une limitation de la publicité. Le Président pourrait également préciser ses intentions sur un éventuel référendum.

Emmanuel Macron, qui avait lancé cet exercice inédit au sortir de la crise des « gilets jaunes », déclenchée par la création d’une taxe carbone sur les carburants, a à plusieurs reprises assuré que leurs propositions déboucheraient sur des « décisions fortes ». Mais depuis, la crise née du Covid-19 a frappé de plein fouet des pans entiers de l’économie. Dont certains secteurs gros pollueurs, comme l’aérien ou l’automobile, qui ont bénéficié de milliards d’euros de plans de soutien.

Mesures « rabotées »

Mi-novembre, un des premiers promoteurs et « garant » de la Convention, le réalisateur Cyril Dion, a lancé une pétition en ligne pour « sauver la CCC », qui a dépassé les 415.000 signatures. Les inquiétudes n’ont pas été apaisées par une série de réunions la semaine dernière pour présenter les orientations gouvernementales sur la loi climat aux citoyens et à des députés. « Beaucoup de nos mesures sont présentes, mais un peu rabotées, c’est mi-figue mi-raisin. On a pas mal de questions à lui (Emmanuel Macron) poser », souligne Grégoire Fraty, coprésident de l’association « Les 150 », qui rassemble la majorité des participants.

Les membres de la CCC, tirés au sort, ont travaillé pendant neuf mois pour présenter 149 propositions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France de 40 %, « dans un esprit de justice sociale ». Ni le « comité de gouvernance » de la CCC ni les « garants » ne seront présents à la réunion de lundi. La rencontre, à l’initiative de l’Elysée, n’entre en effet pas dans le processus prévu de la convention, qui tiendra une dernière session après la traduction de ses mesures, pour évaluer la réponse concrète de l’exécutif.