Un ours brun. Illustration.
Un ours brun. Illustration. — Valtteri Mulkahainen / Sole / Sipa

SONDAGE

Pyrénées : Six Français sur dix favorables au remplacement des ours tués par l’homme

Nicolas Stival

Selon une étude commandée à l’Ifop par des associations de défense de l’environnement, 59 % des Français se disent pour le remplacement de l’ours tué en Ariège, en juin 2020

  • 59 % des personnes interrogées par l’Ifop se montrent favorables au lâcher d’un ours pour remplacer le mâle tué en Ariège, en juin. 26 % y sont opposés.
  • Publié ce lundi, le sondage a été réalisé avant la mort d’une femelle tuée par un chasseur en Aragon, et l’évolution de l’enquête sur celle du mâle Cachou, empoisonné début avril, également en Espagne.
  • Les associations comptent sur cette étude et sur la législation européenne pour faire pression sur le gouvernement français.

La boutade est lancée par Alain Reynes, de l'association Pays de l'Ours - Adet : « Le gouvernement peut être rassuré, voilà enfin une mesure populaire, il n’y en a pas beaucoup. » Le directeur de l’organisme pro-plantigrade fait référence au sondage de l’Ifop communiqué ce lundi, selon lequel 59 % des Français se disent favorables au lâcher d’un nouvel ours après la mort d'un animal tué par balles le 9 juin en Ariège.

28 % y sont même « tout à fait favorables » et 31 % « plutôt favorables ». 26 % des sondés se montrent opposés à cette mesure, alors que 15 % affirment « ne pas savoir » quoi répondre. Cette étude, commandée par 14 associations de défense de l’environnement, a été réalisée en ligne les 17 et 18 novembre « auprès d’un échantillon de 1.007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus ».

Une autre ourse tuée depuis la réalisation du sondage

Depuis cette date, l’ourse Sarousse a été abattue par un chasseur espagnol en Aragon, et l’enquête sur la mort de Cachou début avril, dans le Val d’Aran, a conduit à la mise en cause de six suspects pour empoisonnement. De quoi jeter un peu plus d’huile sur un débat déjà incandescent.

« Ce que l’on retient aussi, c’est il y a très peu d’avis "tout à fait opposés" [9 %, qui s’ajoutent aux 17 % de "plutôt opposés"], reprend Alain Reynes. Il y a un pourcentage d’indécis un peu plus élevé [15 %] que dans nos enquêtes précédentes, même si elles ne portaient pas sur cette question précise, qui n’avait encore jamais été posée. »

Selon l’Ifop, les partisans d’une réintroduction l’emportent sur les opposants dans toutes les catégories d’âge, et quelles que soient les catégories professionnelles ou le lieu d’habitation. L’institut de sondage indique aussi que le taux d’approbation s’élève à 58 % dans les Pyrénées.

Les associations exigent des lâchers rapides

Les associations de défense de l’ours s’estiment confortées dans leur combat par ce sondage et appuyées par la législation française et européenne. « Le gouvernement doit donc lancer dès maintenant la procédure et la préparation de ces nouveaux lâchers, indiquent-elles. A défaut, il devra en répondre devant les Français et les tribunaux, nationaux et européen. »