« GIEC Paris », Académie du climat… Paris lance plusieurs initiatives pour lutter contre le réchauffement climatique

CLIMAT « Nous sommes convaincus que c’est par l’action très concrète, à l’échelle locale qu’on fait bouger et qu’on trouve des solutions pour réduire l’élévation de la température », explique Anne Hidalgo, la maire de Paris

20 Minutes avec AFP

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Une femme faisant son jogging, autour du Champs de Mars, à Paris, non loin de la Tour Eiffel.
Une femme faisant son jogging, autour du Champs de Mars, à Paris, non loin de la Tour Eiffel. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Un « GIEC Paris », le ruisseau de la Bièvre en partie mise au jour, un opérateur de compensation carbone, une Académie du climat… La mairie de Paris accélère sa stratégie de lutte contre le réchauffement climatique, cinq ans après la signature des Accords de Paris.

« Nous sommes convaincus que c’est par l’action très concrète, à l’échelle locale qu’on fait bouger et qu’on trouve des solutions pour réduire l’élévation de la température », a plaidé vendredi la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, au cours d’un forum sur le climat à Paris. « Il faut aller beaucoup plus vite, transformer l’économie… », a insisté l’édile.

« Un GIEC Paris ». Ainsi, la Ville de Paris va lancer « une instance scientifique qui va regrouper experts en sciences sociales et chercheurs indépendants, de très haut niveau. Jean Jouzel, climatologue français​ et proche d’Anne Hidalgo, participera à sa création et à la définition de sa composition », a annoncé l’adjoint (EELV) chargé du Plan Climat, Dan Lert, évoquant un « GIEC Paris » inspiré, à l’échelle de la capitale, du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat mis en place à l’initiative de l’ONU.

Cette instance, qui pourra être saisie « par les élus, les associations, citoyens », « permettra d’éclairer les décisions de la Ville de Paris », « produira des connaissances interdisciplinaires sur le changement climatique localement », « analysera les impacts sociaux du changement climatique », a précisé Dan Lert. « Quels sont les quartiers de la capitale qui sont les plus impactés par le réchauffement climatique ? », « quelles sont les rues à végétaliser en priorité ? », « quels sont les quartiers où on doit accélérer la transition parce qu’il n’y a pas assez d’espaces verts, qu’il y a des nœuds routiers ? », sont autant de questions auxquelles le Giec devra répondre.

Un opérateur de compensation carbone. Autre nouveauté : sur le modèle de La Rochelle, Paris va créer son « opérateur de compensation carbone ». Concrètement, « je suis Parisien et demain je dois prendre l’avion. Je pourrai grâce à cet opérateur de la Ville compenser les émissions causées par mon voyage en finançant des projets bas carbone à Paris, ou dans le bassin parisien », suggère un cadre de la mairie.

Un plan pour faire face aux événements climatiques extrêmes. L’Hôtel de Ville a également décidé de mettre en place une nouvelle « stratégie d’adaptation » face aux événements climatiques extrêmes, vagues de chaleur, en assurant une « végétalisation » de la Ville, «  « la réouverture d’un tronçon de la Bièvre (un ruisseau enterré il y a plus d’un siècle) au cours du mandat », la « multiplication des parcours ombragés » dans les rues de la ville, « la mise en place d’une centaine de fontaines à boire dès l’an prochain » ou encore la proposition d’un plan pour poser des volets aux fenêtres des logements. En outre, « nous allons lancer un plan solaire avec installation de panneaux sur nos bâtiments publics (écoles, collèges, équipements sportifs et stades) », ajoute Dan Lert.

Une Académie du Climat. Annoncée il y a plusieurs mois, l’Académie du climat (lieu de formation, de rencontres entre les associations, d’ateliers…) ouvrira ses portes « en septembre dans la mairie du 4e arrondissement et accueillera des jeunes de neuf à 25 ans », a indiqué l’adjoint à l’Education, Patrick Bloche.

Ces annonces surviennent à la veille du cinquième anniversaire des Accords de Paris, dans lesquels les pays s’engageaient à réduire les émissions de gaz à effet de serre, rester sous la barre des degrés, si possible 1,5 °C. Or, « la France a un retard net sur sa trajectoire : en 2019, la température moyenne du globe est déjà à +1° et à Paris elle est à +2,2 par rapport à 1880. Il faut accélérer ! », insiste aujourd’hui Dan Lert, adjoint chargé du Plan Climat.