Arcachon : Avec son mobilier en HIPS, du polystyrène recyclé, Diotis redonne une seconde vie au plastique

INNOVATION Trois jeunes Arcachonnais viennent de lancer une marque de tables basses et de mobilier, fabriquées avec du polystyrène recyclé

Mickaël Bosredon

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L'entreprise Diotis, sur le bassin d'Arcachon, réalise du mobilier avec du polystyrène recyclé
L'entreprise Diotis, sur le bassin d'Arcachon, réalise du mobilier avec du polystyrène recyclé — Diotis
  • Ces trois Arcachonnais utilisent le HIPS recyclé, du polystyrène à haut impact, pour la fabrication de leurs tables.
  • Ce matériau résistant provient de plastique d’usine, qui partirait directement à la poubelle sans cette filière.
  • Diotis espère pouvoir passer rapidement à la fabrication d’autres objets, notamment des escaliers.

Le mobilier en HIPS recyclé, sera-t-il sous peu du dernier chic ? C’est ce qu’espèrent en tout cas trois jeunes arcachonnais qui viennent de lancer leur marque, Diotis, qui propose notamment des tables basses en polystyrène à haut impact, HIPS en anglais.

Le HIPS, dont la particularité est la résistance, est un matériau déjà utilisé depuis très longtemps dans divers domaines. Le HIPS recyclé est en revanche tout à fait novateur. Ces plaques de polystyrène d’1mx1m sont fabriquées dans une usine située aux Pays-Bas, qui recycle ainsi des tonnes de déchets plastiques issus de l’industrie, et qui partiraient directement à la poubelle sans cette nouvelle filière.

Les plaques sont ensuite acheminées dans les ateliers de Diotis à Arès, où Mathieu Alaphilippe, le manuel de la bande qui a travaillé dans la menuiserie, va les polir pour leur donner un aspect brillant, puis les assembler. « J’ai dû réapprendre le métier de menuisier pour travailler ces plaques, car elles sont plutôt difficiles à couper » dit-il.

« Très sensibilisés à la pollution due au plastique »

La table basse Saphir est ainsi issue de bobines utilisées dans l’industrie, qui sont concassées et recyclées. « On est vraiment à la source pour éviter que ces matières ne se retrouvent à la poubelle » insiste Mathieu. Une table en 50x50 équivaut à 3.850 sacs en plastique recyclés.

Chaque table fabriquée en HIPS, équivaut à quelque 3.850 sacs plastique
Chaque table fabriquée en HIPS, équivaut à quelque 3.850 sacs plastique - Diotis

Les trois amis d’enfance, ont lancé Diotis en juillet dernier. « Nous sommes tous les trois des enfants du bassin, et très sensibilisés à la pollution due au plastique, et nous voulions nous attaquer au problème à la source » résume Bryan Dounon, qui œuvrait dans la finance internationale auparavant. Pourquoi, dès lors, ne pas chercher à réutiliser les tonnes de plastique que l’on peut ramasser sur le littoral girondin ?

« C’est plus difficile de récupérer le plastique que l’on trouve sur nos plages, il y aurait un tri à effectuer car certaines matières ne vont pas avec d’autres, donc nous nous sommes orientés vers cette solution » explique Mathieu.

Prix de départ à 500 euros

Diotis commercialise dans un premier temps des tables, directement auprès des particuliers, ou via des architectes et des designers. « La table a le mérite de bien valoriser le produit, qui est très esthétique, souligne Bryan. Et puis une table ça se garde dans le temps, ainsi nous redonnons de la vie au plastique, mais pas pour une courte durée. » Les prix démarrent à 500 euros pour le modèle en 50x50.

Les trois entrepreneurs proposent aussi d’autres types de mobilier sur mesure, et sur commande, comme des commodes, des bureaux, des étagères… Ils souhaitent également passer très vite à d’autres créations plus importantes, notamment des escaliers.

Louis Reigniez, le dernier comparse, souligne par ailleurs que « nous regardons aussi la manière dont on pourrait organiser une filière de recyclage du plastique plus locale, et ainsi éviter le transport de la marchandise depuis les Pays-Bas. »