Tempêtes, maladies, vieillissement… La Bretagne remplace des milliers d’arbres fragiles le long de ses canaux

NATURE Les chemins de halage sont de plus en plus fréquentés par les promeneurs et la sécurité doit y être assurée

Camille Allain

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De nombreux arbres vont être plantés au bord du canal d'Ille et Rance. Comme ici, sur le site des 11 écluses à Hédé-Bazouges.
De nombreux arbres vont être plantés au bord du canal d'Ille et Rance. Comme ici, sur le site des 11 écluses à Hédé-Bazouges. — C. Allain / 20 Minutes
  • La région Bretagne va planter 1.400 arbres au bord de ses canaux cet hiver.
  • L’objectif est de renouveler la biodiversité, mise à mal par les tempêtes, les maladies et le vieillissement de certaines espèces.
  • Les bords des canaux sont des sites de plus en plus fréquentés par les locaux comme par les touristes et un vrai levier d’attractivité.

Ils sont majestueux et trônent parfois à plusieurs dizaines de mètres au-dessus de l’eau. Fournissant de l’ombre aux promeneurs, des cachettes aux enfants et surtout un milieu naturel très riche à la faune et la flore locale, les arbres bordant les canaux de Bretagne ne sont pourtant pas épargnés par les pépins. Ces dernières années, ils ont même été mis à rude épreuve par les tempêtes successives qui ont frappé la région. «  Le passage d’Alex et de Zeus​ a fait très mal. Nous avons de nombreux arbres, même centenaires, qui ont été couchés », explique Samuel Fauchon, technicien environnement à la région Bretagne.

Les coups de vent ne sont pas les seuls problèmes auxquels les services d’entretien sont confrontés. Depuis quelques années, les ormes souffrent de la graphiose (un champignon), les hêtres dépérissent à cause du réchauffement climatique et les chênes sont victimes des sécheresses successives. Pour faire face, les 200 agents de la région qui opèrent au bord des 500 km de canaux s’activent pour replanter de nouvelles espèces. Au cours de cet hiver, 1.400 arbres seront ainsi plantés, principalement au bord du canal de Nantes à Brest et d’Ille-et-Rance. « C’est un enjeu de biodiversité et d’atout paysager. Ces arbres constituent des corridors écologiques où la continuité n’est pas interrompue », estime le président de la région Loïg Chesnais-Girard.

Le président de la région Bretagne Loïg Chesnais-Girard a rencontré les agents travaillant à l'entretien des canaux.
Le président de la région Bretagne Loïg Chesnais-Girard a rencontré les agents travaillant à l'entretien des canaux. - C. Allain / 20 Minutes

Au-delà de l’enjeu environnemental, l’entretien des berges est devenu un impératif de sécurité et un vecteur d’attractivité touristique. Car depuis quelques années, les promeneurs et cyclistes sont de plus en plus nombreux à s’aventurer près des voies d’eau. « Certains de nos compteurs ont affiché des fréquentations en hausse de 40 % au bord des canaux cet été », rappelle Anne Gallo, vice-présidente chargée du tourisme. « La saison a été courte mais c’était de la folie. J’étais surprise par l’affluence », concède Catherine Saint-James, élue qui possède des hébergements sur le site des 11 écluses, à Hédé-Bazouges. « Le tourisme lent plaît énormément. Avec le confinement, beaucoup de Bretons ont découvert les merveilles qu’ils avaient à côté de chez eux ».

« L’État gérait ces sites avec un tableur Excel »

Longtemps exploités par l’État, qui les avait un peu délaissés, les canaux sont devenus une véritable source d’attractivité pour ces territoires ruraux, souvent éloignés des zones littorales drainant les touristes. Une aubaine. « L’État gérait ces sites avec un tableur Excel pour ne pas qu’ils coûtent trop cher. Ils ont été délaissés. Nous avons désormais pleinement conscience de la richesse qu’ils apportent », assure le président de région.

D’autant que le bois « récolté » permet à la région de soulager sa trésorerie, même si la rentabilité est loin d’être assurée. Le bois noble est vendu à des particuliers, les résidus brûlés dans les chaufferies. « Contrairement aux forêts, l’intérêt économique n’est pas notre priorité. Nous poussons les arbres jusqu’au bout de leur vie avant de les couper », promet le technicien Samuel Fauchon. Entre Rennes et Saint-Grégoire, 47 peupliers seront ainsi abattus. Malades, ils seront remplacés par des chênes et des platanes.