Colombie : La pêche au requin va être totalement interdite pour freiner le commerce des ailerons

COMMERCE ILLEGAL Les pêcheurs coupent en général l'aileron, très prisé sur les marchés asiatiques, avant de rejeter à l'eau l'animal mutilé

20 Minutes avec agences

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Un requin en mer, illustration
Un requin en mer, illustration — Pixabay

La Colombie va interdire totalement la pêche au requin pour freiner le commerce des ailerons de cet animal prisés sur le marché asiatique. C'est ce qu'a annoncé, ce vendredi, le ministre de l'Environnement, Carlos Eduardo Correa.

Le gouvernement va modifier la législation en vigueur depuis 2017, qui permet un quota réduit de pêche artisanale, pour interdire « à 100% » la capture de requins. « Un des impacts importants de cette décision est de freiner la commercialisation des ailerons et du requin », a déclaré le ministre, en déplorant « un commerce illégal très international, la commercialisation exotique des ailerons de requins ».

73 millions de requins meurent chaque année

La mesure, qui entrera en vigueur par décret, vise à en finir avec la capture involontaire et artisanale de requins dans les eaux colombiennes des océans Atlantique et Pacifique, car leur pêche directe est déjà interdite. Le président Ivan Duque a salué cette décision et affirmé qu'il signera le décret en l'accompagnant de « mesures de compensation » pour les communautés qui, par tradition, pêchent le requin pour la consommation locale. Selon Carlos Eduardo Correa, il est notamment envisagé d'indemniser environ 250 familles des départements de Guajira (nord) et 300 autres du littoral Pacifique (sud-ouest).

La population de requins a été décimée au cours des dernières décennies en raison de la commercialisation des ailerons et de la pêche industrielle. La Colombie, un des pays à la biodiversité parmi les plus importantes de la planète, compte quelque 76 espèces de requins sur les 500 identifiées dans le monde. Les pêcheurs coupent en général l'aileron, très prisé sur les marchés asiatiques, avant de rejeter à l'eau l'animal mutilé.

Selon la militante de l'environnement Sandra Bessudo, la décision a des conséquences sur la préservation de l'espèce, mais aussi sur la santé des consommateurs, du fait que la chair des requins présente un « indice élevé de mercure », utilisé dans l'extraction illégale de l'or. « Il s'agit de travailler avec les communautés afin qu'elles puissent se développer économiquement à travers des activités respectueuses de la conservation » des espèces, a-t-elle déclaré. L'ONG Wild Aid estime que quelque 73 millions de requins meurent chaque année à cause de ce commerce et qu'au moins 70 espèces sont en voie d'extinction.